L’homosexualité en Afrique




enfant africainEn Afrique le plus souvent le sexe se pratique davantage qu’il ne se dit, même à travers les contes lorsqu’il est abordé, c’est par le biais de métaphores.  A ce niveau, le langage qui entoure le sexe surtout quand il veut véhiculer un savoir ne peut que se deviner, ou se visualiser par le biais d’œillères pour ne jamais en préciser la pensée.  En d’autres termes, l’univers africain en général et les pratiques socio-sexuelles en particulier apparaissaient pour ces premiers anthropologues africains à la fois comme une trouvaille exotique ainsi qu’ une occasion de sortir de l’insatisfaction que leur avait donné leur société.

téléchargement (3)En Angola dans le groupe ethnique dénommé Quimbandas, la sodomie était fréquente parmi les hommes, et les hommes ayant ces rapports sexuels avec les individus du même sexe étaient aussi désignés sous ce vocable : “quimbandas”. La spécificité de ce groupe ethnique était qu’ils avaient de tels rapports sexuels tout en étant habillés en femme. D’ailleurs l’une des figures la plus marquante parmi eux était le “Ganga-ya-Chibanda”, (le grand prêtre) le superintendant des sacrifices rituels qui s’habillait comme une femme, même en dehors des offices religieux. Il marquait un point d’honneur à ce qu’on l’appelle : « la grand-mère ». Vu sa position sociale, tout ce qui pouvait être considéré comme un écart de conduite venant de lui était toléré par le groupe. Chez les Wawihé, constructeurs du haut plateau du Bangalla (toujours en Angola), l’homosexualité se confondait à la bisexualité et était désignée “omututa”  La masturbation mutuelle très répandue

téléchargement (2)Au niveau du kirundi, qui est la langue parlée au Burundi, certains auteurs ont trouvé cinq mots pour désigner l’homosexualité.  Il s’agit de : kuswerana nk’imbwa (faire l’amour comme des chiens) ; kwitomba (se faire l’amour); kunonoka (littéralement, être souple) ; kuranana inyuma (mot swahili d’origine et mal écrit en kirundi. En principe il s’écrit : kuralana nyuma et veut dire, faire l’amour de façon anale) ; ku’nyo

images (9)A Zanzibar dans la zone tanzanienne, la pénétration anale passive est appeléekufiraKufirwa traduit le fait d’être pénétré de façon anale. Les pratiques lesbiennes à Zanzibar sont traduites soit par kulambana qui vient de kulambaqui veut dire lécher, c’est se lécher mutuellement et désignerait par déduction le cunnilingus ; soit encore par l’expression : kujitia mboo wa mpingo s’introduire un pénis en bois d’ébène. Cette pratique lesbienne était répandue dans presque toutes les sociétés africaines où les relations sexuelles entre les femmes pouvaient être rencontrées, comme chez les femmes Haoussa du Nord du Nigeria. Quand elles se frottent les parties sexuelles au Zanzibar, on parle alors de kusagana. 

arton55754En kiswahili, les homosexuels des deux sexes sont appelés : mke-si mume c’est-à-dire littéralement la femme n’est pas l’homme. Il s’agit plus précisément des homosexuels adoptant le comportement passif dans les pratiques sexuelles. Chez les Haoussa du Nord du Nigeria, l’homosexualité masculine est désignée par dan kashili. Cependant il existe une institution beaucoup plus connue appelée dan daudu (pluriel Yan daudu) c’est–à-dire littéralement le fils de Daudu. Le daudu se réfère à la pratique des hommes qui agissent comme des femmes et qui couchent avec les hommes. Ils servent également d’agents de prostituées 

téléchargement (5)Au Cameroun chez les Bafia (Fia), le fait que les adolescents pénétraient analement les plus jeunes, ou étaient engagés dans une relation anale réciproque était traduit par l’expression ji’gele ketön. Dans la zone Sud Africaine l’homosexualité n’était pas une chose inhabituelle. C’est ainsi que l’homosexualité des Ovambos un groupe parmi les Hottentots, était proverbiale. Les hommes efféminés qui subissaient les relations sexuelles anales passives étaient les ovashengi ! homosexualité dans l’histoire de l’Afrique est souvent perçue à travers divers modèles incluant tantôt les classes d’âge, tantôt les rites d’initiation, tantôt la compensation de la présence féminine ou masculine. Chez les Bafia du Cameroun par exemple, les garçons qui n’avaient pas encore de relations sexuelles avec les filles appartenaient à la première étape socialement reconnue de croissance chez l’individu (les Bafia reconnaissent trois principales étapes de croissance), le terme les désignant est : Kiembe.

images (10)C’est à partir de cette première étape que commençait à s’amorcer les relations homosexuelles entre les garçons. De telles pratiques se faisaient dans le secret, en l’absence d’adultes : c’était par exemple le cas chez les Wahiwé. Cependant, le secret n’était pas toujours de rigueur, comme chez les Gangellas en Angola, où les relations amoureuses entre personnes de même sexe étaient littéralement instituées : aponji. Ainsi chez les Gangellas, un jeune garçon circoncis et non marié, d’environ dix huit ans, pouvait décider de vivre avec un autre de douze ans qui lui plaisait, en allant rencontrer ses parents et faire la demande officielle de vivre avec lui comme katumua. Il donnait alors aux parents comme présent une vache, des vêtements ou de l’argent. Si le parent acceptait, les deux étaient socialement reconnus comme vivant en relation. Plus tard, le mariage du plus grand ne changeait littéralement rien à la relation, car il pouvait alternativement avoir des rapports sexuels entre sa femme et sonkatumua, jusqu’à ce que le plus jeune grandisse et désire aussi se marier. Il apparaît que le jeu pouvait parfois être institutionnalisé et obéir à certaines règles. Tout cela était regardé avec tolérance par les adultes, mais dès que l’adulte atteignait 25 ans la continuité de l’homosexualité était considérée comme de la sorcellerie. 

betiDans certains rites initiatiques en Afrique, apparaissaient parfois des pratiques homosexuelles. Ces rites pouvaient servir à transformer le statut sexuel des individus (par exemple le rite marquant le passage de l’adolescence à l’âge adulte chez les Beti du Cameroun appelé « SO »), ou alors à initier les individus à l’art de la guerre (les Siwans en Libye) ou encore renforcer la cohésion sociale d’un groupe. Ailleurs chez les bantous parlant le fang au gabon, au cameroun ou en guinée equatoriale le groupe pahouin les relations sexuelles étaient perçues comme le médicament pour être riche, cette richesse étant transmise au partenaire du partenaire réceptif au partenaire insertif par une relation anale !

toleranceEt des exemples il y en a à la pelle en Afrique ancienne et je pense que les africains qui rejettent l’homosexualité des individus devraient avant tout apprendre leur propre histoire . Pour certains ce sont des rites initiatiques, pour les autres juste une orientation du coeur avant de passer par le corps on aime l’autre par ce qu’il représente. Par contre comme vu dans certaines administrations africaines, l’homosexualité passive pour obtenir un poste ou de l’avancement est à mon sens de la perversité, mais je ne me permet pas de juger comme le font certains africains au criant à tout va que l’homosexualité vient de l’occident ! Les propres chercheurs africains ont prouvé que l’homosexualité à toujours existé en Afrique tout comme ailleurs et qu’elle existera toujours, alors laissons vivre les gens comme ils veulent ! Paula




A propos Paola

Mon pseudo "Kaki Sainte Anne" Ecrivaine, mais je suis Béatrice Vasseur et je signe tous mes articles ici sous le nom de "Paola"
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