Inceste en Afrique





Dans le continent africain et principalement dans sa partie située au sud du Sahara, une grande majorité des communautés villageoises, claniques ou tribales comme les Kongos d’Angola, des deux rives du fleuve Congo mais aussi les Batékés situés au centre et au nord du bassin du Congo et au Gabon comme les Bagangoulous, les Batékés de Djambala ou de l’Alima (TH. Obenga, 1976, 1985), toutes ces populations qui font en particulier partie des Bantous d’Afrique centrale n’ont pas dans leur langue maternelle l’équivalent du mot viol et encore moins celui d’Inceste de premier degré. Ils désignent cet inceste père/fille, mère/fils ou frères/sœurs d’acte de sorcellerie, ou Ebélé, ou encore Ndoki.

Pour ces populations d’Afrique centrale, lorsque un tel acte se produit et qu’il est rendu public, il entraîne automatiquement dans leurs esprits et représentations, la destruction de la famille ; il apporte des malheurs dans le village (épidémies, mauvaises récoltes, calamitées naturelles…) mais, cet acte peut provoquer des morts de personnes de par sa violence. De même en Afrique de l’ouest, les Samos du Burkina-faso, n’ont pas eux aussi l’équivalent du mot inceste pour désigner les rapports sexuels concernant la parenté de premier degré. Ils qualifient traditionnellement un tel acte par le vocable « chiennerie » comme pour dire que l’inceste relève du monde animal et non celui des humains.

Néanmoins, les sociétés africaines ont connu et connaissent dans leur vécu les problèmes d’inceste car, comme toutes les sociétés humaines l’ont fait pour s’humaniser, elles ont institué la prohibition de l’inceste du premier comme celui du second degré pour certaines d’entre elles. La réalité de ce phénomène et sa prohibition sont attestées dans plusieurs groupes ethniques avec la possibilité quelquefois de désigner l’inceste par les mots spécifiques comme le font les Lulua de la république Démocratique du Congo qui évoquent le concept de tshibundi pour parler de l’interdit des relations sexuelles entre des individus ayant un lien de parenté.

Par ailleurs, l’interdit de l’inceste n’était pas pour certains peuples africains comme tant d’autres dans le monde, un acte biologique relavant de simples relations sexuelles qui, dans quelques groupes ethniques étaient librement et progressivement introduites ou permises au travers de rites ou de pratiques spécifiques liées aux jeunes gens en particulier aux adolescents et adolescentes. En revanche, là où il y avait l’interdit incestueux du premier degré, outre qu’il prévenait la rupture de la parenté, il se justifiait dans la communauté par la peur de la survenue dans la famille d’une série de malheurs incontrôlables : des enfants naissant avec des malformations physiques ou mentales ou par des morts inexpliqués dans la communauté villageoise… Dans beaucoup d’ethnies d’Afrique centrale, comme on l’avait vu ci-dessus, les personnes incestueuses étaient et sont encore de nos jours considérées chez les Bantous, en particulier dans les sociétés matrilinéaires, comme des sorciers ou de personnes se trouvant sous l’emprise de la sorcellerie. Ainsi, chez les Béti du Cameroun, l’inceste de premier degré était considéré comme un crime de sang.

L’inceste de second degré est un inceste commis avec une parenté éloignée ou la parenté par alliance matrimoniale. Certaines populations comme les Samos du Burkina Faso élargissait l’inceste jusqu’à la situation de deux sœurs qui se mariaient avec un même homme. Cependant, comme le faisaient les ascendants historiques du peuple africain dans l’Egypte antique (Cheick Anta Diop, 1960, 1977) certaines formes d’incestes de premier degré, liées par exemple à la royauté ou liées à certaines pratiques magico-réligieuses étaient tolérées voire instituées comme le mariage entre un frère et sa sœur héritière qui permettait au garçon d’accéder au trône royal et prétendre par exemple au rang de pharaon. Ainsi, comme le rapporte Ferdinand Ezembé dans son livre  (2003, p. 192), les Béti du Cameroun considéraient positivement comme « grand sorcier » ou « grand savant maître de la nuit », les personnes qui avaient posé des « actes extraordinaires », entre autres, l’interdit de l’inceste en ayant entretenu une relation sexuelle incestueuse avec leur mère.

Les pratiques du Lévirat et du Sororat vont créer d’autres types de pratiques sexuelles et la notion d’inceste devient plus restreinte. C’est l’exemple de la grande majorité des groupes ethniques ou de populations d’Afrique de l’ouest comme les Bambaras du Mali, les Soninkés du Mali et du Sénégal puis les Peulhs qui ont tous des filiations patrilinéaires. Les mariages préférentiels sont contractés entre cousins germains parallèles et croisés du côté paternel ou entre cousins germains croisés du côté maternel. Alors qu’en Afrique centrale, comme on l’a vu, chez les populations à prédominance matrilinéaire, entre cousins et cousines germaines croisées ou parallèles, tout mariage jusqu’à la cinquième génération au moins est prohibé et les relaxations sexuelles entre les personnes supposées partageant le même sang sont frappées de l’interdit incestueux. En ayant conscience que la prohibition de l’inceste n’empêche nullement des passages à l’acte, les différentes ethnies africaines avaient institué des rites de réparation ou de purification. Chez les Beti du Cameroun comme le cite F. Ezembé, lorsqu’il y avait inceste, les protagonistes étaient soumis au rituel de purification tsoo ou ndongo.

Les personnes impliquées dans l’acte incestueux étaient invitées à se confesser auprès d’un membre éminent de la société désignée ; elles étaient ensuite lavées dans une rivière en guise de purification. Le parent incestueux était alors chassé du village avec une déchéance de son autorité parentale voire sociale par exemple, l’interdiction de prendre part à toute cérémonie publique. Chez les Samos du Burkina-faso, lorsque deux sœurs avaient entretenues des relations sexuelles avec un même homme, acte considéré comme incestueux, elles et leur « mari ou amant » étaient soumis au rituel de type Plo-Plo que l’on retrouve également pratiqué chez certains groupes comme les Baoulés de la Côte d’Ivoire : « Les coupables de ce genre d’inceste, comme l’écrit Pierre Etienne , font l’objet d’un rituel légèrement mortifiant de réparation et de lustration. Entièrement nus, ils sont obligés de se frapper l’un et l’autre avec les deux moitiés d’un cabri ou d’un mouton fendu dans le sens de la longueur…C’est un acte symbolique, qui répare, compense symboliquement le crimes commis. On mélange des choses qui sont naturellement unies disent-ils…Ce rituel a pour but d’oblitérer symboliquement les relations de parenté entre les deux fautifs ».

L’inceste partout dans le monde est “usuel” même si tout le monde le nie et je dois dire qu’en Afrique comme ailleurs, il est pratiqué allègrement…  La plupart des gens le savent “inceste” veut dire couché ou violé un membre de sa famille, fils ou fille, et cela dans une maison aux volets clos, ou tout le monde est au courant et personne ne dit rien !!!! Mais je dois dire qu’en France ces pratiques sont illégales et punies de prison ferme les contrevenants….  On ne peut tolérer ce genre de pratiques qui fait que le dominant impose une vision de la sexualité au dominé… Il ne s’agit pas là, comme au temps de la royauté d’assurer la pérennité de la race familiale (où d’ailleurs souvent les enfants issus de ces pratiques naissaient avec des tares mentales ou physiques) ou simplement le fait de voir grandir un royaume, non ici on parle de pratiques vicieuses, dégradantes pour un ou une enfant qui a beaucoup de mal à se reconstruire (lorsqu’il y arrive)…. Personnellement je serais pour la peine capitale pour les violeurs d’enfants qu’ils soient de famille ou pas…. Et vous, vous en pensez quoi ? Paula



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