France – 13 novembre 2015 – Rétrospective





Je ne pouvais pas rester indifférente sur ce 13 novembre sans faire une rétrospective sur le 13 novembre 2015 ! La chronologie des attentats du 13 novembre 2015 en France et de leurs conséquences retrace la préparation des attaques, déroulement des attentats proprement dits puis, mois par mois, les avancées de l’enquête et des différentes conséquences tant au niveau national que sur le plan international.

Au fil des progrès de l’enquête dans les jours qui suivent les attentats, cette chronologie des événements est révélée à la presse par François Molins, procureur de Paris. Les attaques menées pratiquement au même moment, se déroulent le soir du 13 novembre et sont l’œuvre de trois équipes de trois hommes chacune équipés de dispositifs explosifs identiques et de fusils d’assaut de type Kalachnikov excepté le premier groupe. Vous allez voir que l’article est un peu long, mais cela permet de mieux comprendre les événements.

Le vendredi 13 novembre vers 21 h 20, le premier commando entre en action près du stade de France en faisant exploser la ceinture d’explosifs dont ils sont équipés. Les trois explosions font au total, outre les terroristes, un mort et une dizaine de blessés graves. À 21 h 25, le second groupe de trois terroristes intervient dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements de Paris. Se déplaçant à bord d’une Seat León de couleur noire immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants, causant la mort de trente-neuf personnes et en blessant trente-deux autres grièvement, puis l’un des terroristes, Brahim Abdeslam, fait sauter sa ceinture d’explosifs dans un café du boulevard Voltaire, faisant deux blessés graves. Ses deux complices disparaissent. À 21 h 40, le troisième groupe arrive à la salle de spectacle du Bataclan (11e arrondissement), abat des personnes à l’extérieur du bâtiment, y pénètre et commence à tirer par rafale sur les spectateurs. Les trois hommes exécutent froidement les spectateurs, un par un. La tuerie fait 90 morts et des dizaines de blessés graves avant que les forces de police n’interviennent et abattent les trois terroristes.

Au fil des progrès de l’enquête, il apparaît que différentes menaces exprimées soit lors de manifestations soit lors de l’instruction d’enquêtes auraient pu alerter les différents services et être mieux prises en compte. Toutefois le nombre important de cibles potentielles et les problématiques d’échanges d’information entre services tant du renseignement que de la justice constituent de vraies difficultés pour faire émerger des informations dont le rapprochement a posteriori paraît plus simple.

En janvier 2008, une manifestation a lieu devant le Bataclan pour protester contre le fait que la salle de spectacle accueille chaque année depuis 4 ans le gala de la Police aux frontières israélienne, le Magav. En décembre 2008, un nouveau rassemblement a lieu pour le même motif, certains des manifestants défilant le visage masqué par des keffiehs avec des propos très menaçants « Si le Bataclan et le Migdal organisent, comme les années précédentes, une soirée pour le Magav, la police des frontières de l’armée israélienne, les gens ne vont plus le supporter et vous allez payer les conséquences de vos actes. La prochaine fois on ne viendra pas pour parler », prévenait le groupe baptisé Resistancepalestine. Aucun lien direct ne peut toutefois être établi entre ces paroles et les attentats du 13 novembre, mais il apparaît que dès cette année-là, le Bataclan était déjà une cible potentielle pour certaines mouvances radicales. 

Le nom du Bataclan apparaît explicitement en 2009 dans une affaire de terrorisme. Lors de l’attentat commis au Caire, en Égypte, le 22 février 2009 – au cours duquel la jeune Française de 17 ans, Cécile Vannier, est tuée – plusieurs suspects sont arrêtés, dont une Française d’origine albanaise, Mme Dude Hohxa. Celle-ci aurait déclaré aux services égyptiens que M. Farouk Ben Abbes projetait d’attaquer la salle de spectacle du Bataclan. Il projetait également de s’en prendre à une cible juive dans la commune de Saint-Denis. Interrogé par la police égyptienne, Farouk Ben Abbes aurait confirmé son projet d’attentat contre le Bataclan. Remis en liberté, il est interrogé par les Belges, puis est interpellé en 2010 à son retour en France, mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme et placé en détention. Au cours de ses différentes auditions, Farouk Ben Abbes aurait proposé la salle de spectacle du Bataclan comme cible d’un projet d’attentat, « le choix s’est porté sur ce lieu en raison de manifestations de soutien et de collectes de fonds réalisées au profit de la communauté juive ». Toutefois, faute d’éléments probants, une décision de non-lieu est prononcée dans cette affaire le  par le juge d’instruction antiterroriste Christophe Tessier, chargé du dossier.

Lors des auditions de l’enquête parlementaire, M. Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, déclare, concernant ce projet d’attentat, que « toutes les investigations réalisées à partir de là n’ont pas permis de le relier à ce pseudo-projet dont on ignore, encore une fois, s’il a existé ou non ». Mais les propriétaires du Bataclan n’auraient jamais été informés de ces menaces. Pour Georges Fenech, président de la commission d’enquête, il s’agit là d’un manquement grave de la justice. La procédure prévoit en effet que lorsqu’un établissement ou une personne victime potentielle apparaît dans une procédure ceux-ci doivent en être informés par le biais d’un avis à victimes.

Lors de son audition, le juge Trévidic déclare ne pas se souvenir avoir instruit le dossier Farouk Ben Abbes et que « de nombreux projets d’attentats ont été mentionnés au long de toutes ces années, et ceux qui les évoquent changent parfois de cibles. Mais il est exact que si l’on avait fait la relation avec le fait que beaucoup d’anciens d’Afghanistan dont les noms étaient apparus dans des procédures étaient à présent en Syrie, on aurait pu faire le travail de fond consistant à rechercher les cibles qui avaient alors été mentionnées comme cibles potentielles. Qu’ils se revendiquent d’Al Qaida ou de l’État islamique, ces gens sont les mêmes, et qui a songé s’en prendre au Bataclan en 2009 peut avoir le même projet en 2015 ».

Le , Reda Hame est interpellé à son retour de Syrie. Interrogé par le juge d’instruction Marc Trévidic, il explique qu’il a été invité à commettre un attentat en France, par exemple une salle de spectacle, par Abou Omar, qui n’est autre qu’Abdelhamid AbaaoudMme Camille Hennetier, cheffe du pôle antiterroriste du parquet de Paris, est tout aussi affirmative : « Selon les PV de garde à vue, Reda Hame parle d’un concert de rock dans un pays européen. Il dit qu’Abaaoud lui a demandé de choisir une cible facile, un concert, par exemple, là où il y a du monde ». La salle du Bataclan n’est néanmoins pas citée en tant que telle.

La menace est prise très au sérieux par les services français mais, comme le souligne Marc Trévidic lors de son audition, « il y a un très grand nombre de festivals et de concerts de rock en France »« Contrecarrer les attaques aurait supposé que les magistrats instructeurs et les agents des services de renseignement aient gardé, personnellement, en mémoire toutes les cibles mentionnées par les terroristes lors de leurs auditions », estime Sébastien Pietrasanta, rapporteur PS de la commission d’enquête.

Début septembre, deux appartements sont loués en Belgique sous de fausses identités dans le cadre de la préparation des attentats, l’un à Charleroi (le 1erseptembre) et l’autre à Schaerbeek, une commune de Bruxelles (le 3 septembre). Cet appartement bruxellois a sans doute été utilisé pour fabriquer des explosifs. Les enquêteurs y ont retrouvé lors de leur perquisition le 10 décembre des traces de TATP, une balance de précision et des ceintures ventrales. Par ailleurs, ils ont pu y retrouver une trace ADN de Bilal Hadfi ainsi qu’une empreinte digitale de Salah Abdeslam. Ce même Bilal Hadfi, ainsi qu’Abdelhamid Abaaoud ont séjourné dans l’appartement de Charleroi.

Le 9 septembre, le véhicule de Salah Abdeslam est contrôlé à la frontière austro-hongroise en provenance de Budapest. Il se trouve en compagnie de deux hommes munis de deux cartes d’identité belges, qui se révéleront par la suite fausses, au nom de Samir Bouzid et Soufiane Kayal. Ces deux hommes coordonnent ensuite les attaques depuis Bruxelles le 13 novembre.

Le 3 octobre, deux des futurs kamikazes du stade de France munis de faux passeports syriens aux noms de Mohammad al-Mahmod et Ahmad al-Mohammad débarquent sur l’île grecque de Leros en se mêlant au flux de réfugiés convergeant vers ce pays. Ils parviennent ainsi à s’infiltrer en Europe sans être détectés.

Le 5 octobre, les terroristes louent sous une fausse identité une maison à Auvelais dans la province de Namur, au sud de la Belgique. Elle est soupçonnée d’avoir servi de cache. Elle a été louée par Soufiane Kayal, la fausse identité utilisée par l’un des deux hommes repérés à la frontière austro-hongroise avec Salah Abdeslam en septembre.

Le 9 novembre, Salah Abdeslam loue la Polo et la Clio utilisées lors des attentats dans deux agences différentes à Bruxelles.

Le mardi 10 novembre vers 21 h, la Clio louée à Bruxelles est flashée à hauteur de Valenciennes, en direction de Paris. Vers 23 h, elle repart pour la Belgique. À h 28, elle est de nouveau détectée en France au péage de Chamant dans l’Oise. Grâce à des relevés bancaires corroborés par des archives de vidéosurveillance, les enquêteurs déterminent que Salah Abdeslam se trouve une nouvelle fois en France le lendemain, mercredi 11 novembre, en compagnie de Mohamed Abrini, un djihadiste belge passé par la Syrie. Ils sont repérés à bord de la Clio noire dans une station service de l’Oise, à Ressons-sur-Matz, sur l’autoroute A1, en direction de Paris.

L’enquête permet de retrouver des images montrant le 12 novembre à h du matin Salah et Brahim Abdeslam, deux des terroristes du 13 novembre, accompagnés de Mohamed Abrini, descendant de la Clio et de la Seat utilisées pour les attentats. Ils sont stationnés dans une ruelle à Molenbeek, descendent de leurs véhicules et s’échangent un paquet. À h 30 les deux voitures prennent le départ en direction de Charleroi par l’autoroute A54. Ils y rejoignent un autre véhicule, une Polo. Les trois véhicules repartent ensemble pour Paris vers 16 h. Les images des vidéos de surveillance de deux stations-service où le convoi fait des haltes permettent de reconstituer partiellement la composition du groupe. Dans la Polo, on retrouve Bilal Hadfi, l’un des kamikazes du Stade de France et deux des assaillants du Bataclan, Samy Amimour et Ismaël Omar Mostefaï. Le quatrième occupant du véhicule n’est pas formellement identifié, mais il pourrait s’agir de Foued Mohamed-Aggad, le troisième terroriste du Bataclan. Dans la Clio, on retrouve Salah et Brahim Abdeslam accompagnés de Mohamed Abrini. Les trois véhicules arrivent à Paris en début de soirée. La Seat, qui est le véhicule de queue, y parvient à 19 h 37. Sur place, les terroristes se répartissent dans deux locations louées par les frères Abdeslam. Le commando du Bataclan loge dans deux studios de l’Appart’City d’Alfortville, loués le même jour par Salah Abdeslam, tandis que les équipes du Stade de France et des terrasses se rendent dans un pavillon de Bobigny, une étroite maison en meulière de deux étages, située à l’ombre de la cité de l’Abreuvoir où ils confectionnent leurs ceintures explosives à l’aide de rouleaux de Scotch retrouvés sur place.

Les attaques sont coordonnées depuis Bruxelles, sans doute par deux hommes connus sous les fausses identités de Samir Bouzid et Soufiane Kayal et contrôlés le 9 septembre 2015 à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam. Les coordinateurs communiquent avec le commando du Bataclan sur une ligne et avec Abdelhamid Abaaoud grâce à un autre numéro le soir du 13 novembre. Ces deux lignes sont géolocalisées au même endroit en Belgique.

L’étude de la mémoire du portable Samsung jeté par les assaillants du Bataclan au moment de l’attaque et sur lequel ont été retrouvés des traces d’ADN de Mostefaï et Mohamed Aggad montre que l’appareil a été utilisé pour télécharger l’application de messagerie sécurisée Telegram vers 14 h puis qu’il a été utilisé pour faire des recherches sur le concert des Eagles of Death Metal au Bataclan ainsi que pour trouver des photos et plans détaillés de la salle.

La Clio quitte le pavillon de Bobigny vers 18 h et stationne au terminal 2C de l’aéroport de Roissy entre 18 h 20 et 19 h 20. Les raisons de ce déplacement restent inexpliquées mais il s’agit selon l’enquête d’un acte prémédité puisque l’on retrouve par la suite dans la Clio un papier où est griffonné le nom de l’aéroport et des autres destinations des terroristes. Le véhicule retourne ensuite à Bobigny.

À 19 h 40, l’équipe du Bataclan, composée de Samy Amimour, Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad, se met en route pour sa destination à bord de la Polo. Les trois kamikazes du Stade de France, Bilal Hadfi et deux Irakiens, conduits par Salah Abdeslam prennent le départ de Bobigny à bord de la Clio à 20 h 29, empruntant l’autoroute A86 direction Saint-Denis. Puis l’équipe des terrasses part dix minutes plus tard avec la Seat, conduite par Abdelhamid Abaaoud, accompagné de de Brahim Abdeslam et de Chakib Akrouh.

Salah Abdeslam dépose les trois kamikazes, équipés de ceintures explosives, aux abords du Stade de France. Ne disposant pas de billets, ceux-ci ne peuvent accéder au stade, dans lequel se déroule le match amical France-Allemagne.

À 21 h 17, retentit une première explosion face au restaurant et bar à cocktails Events rue Jules-Rimet, près de la porte D du stade de France à Saint-Denis, où se déroule depuis vingt minutes le match amical de football France-Allemagne. Deux corps sont retrouvés, celui du kamikaze portant un gilet explosif composé de TATP (peroxyde d’acétone) et de boulons et celui d’une victime, un passant soufflé par l’explosion. À 21 h 20, toujours rue Jules-Rimet, face à la porte H, près d’un établissement de restauration rapide de l’enseigne Quick, un second terroriste porteur d’un dispositif similaire se fait exploser. Selon une rumeur, les deux hommes ont été refoulés par les stadiers, alors que le match avait déjà commencé. Cependant, selon Jacques Lambert : « À ce jour et contrairement à certaines infos qui circulent, on ne sait pas véritablement ».

Les explosions sont entendues par les joueurs, le public et les téléspectateurs lors de la retransmission télévisée en direct. Elles sont prises initialement pour le bruit de gros pétards. À 21 h 36, dans la tribune présidentielle, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve reçoit un appel téléphonique du préfet de police de Paris qui l’informe que les explosions ne sont pas accidentelles. Le président de la République François Hollande, qui assiste au match avec le ministre de l’Intérieur et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, est alerté par le préfet de la Seine-Saint-Denis et les forces de sécurité de la situation et se rend ensuite au poste de sécurité du stade, surnommé “la Bulle”, suivi par Bernard Cazeneuve. Dans la salle de commandement, le préfet ordonne de fermer les grilles du stade, considérant que les abords extérieurs ne sont pas sécurisés. Informé des autres attaques, François Hollande quitte le stade à la mi-temps en priant ses ministres et le président de l’Assemblée nationale de rester jusqu’à la fin de la rencontre. Au coup de sifflet final du match, le speaker Franck Bargine informe les spectateurs d’« un incident extérieur » et ordonna l’évacuation totale du stade. À la suite d’une rumeur, un mouvement de foule d’une travée envahit la pelouse durant une demi-heure.

À 21 h 53, une troisième et dernière explosion se produit selon le même mode opératoire, cette fois plus au sud, rue de la Cokerie (de l’autre côté de l’autoroute par rapport au stade), devant un autre établissement de restauration rapide, celui-ci de l’enseigne McDonald’s. Le corps du terroriste Bilal Hadfi est retrouvé et identifié. L’un des gardiens du Stade de France racontera par la suite comment, quelques minutes plus tôt, il a refoulé le terroriste lorsque celui-ci cherchait à pénétrer dans le stade.

Au total, ces actions font un mort et onze blessés graves, dont trois Roms d’un bidonville de La Courneuve. Seize des victimes, dont cinq dans un état grave sont évacuées et soignées à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis.

Le match n’a pas été interrompu, afin d’éviter la panique. Les joueurs, les spectateurs et les journalistes présents dans l’enceinte du stade ont été maintenus dans l’ignorance des faits jusqu’à la fin du match. Accompagné du président de la Fédération française de football Noël Le Graët, le secrétaire d’État chargé des Sports, Thierry Braillard informe les joueurs français des attaques terroristes une fois ceux-ci revenus dans leur vestiaire. Se joignant aux joueurs français en signe de solidarité, les joueurs allemands sont eux aussi bouleversés. Alors que l’hôtel des joueurs allemands a déjà été évacué dans la même journée en raison d’une alerte à la bombe, ces derniers décident de passer la nuit dans le vestiaire du stade, avant de rejoindre l’aéroport de Roissy dans plusieurs minibus banalisés le lendemain matin.

D’après Thierry Braillard, les kamikazes auraient voulu pénétrer dans l’enceinte du stade de France sans y parvenir et leur attaque serait donc globalement un échec. Une source policière juge qu’il est « miraculeux qu’il y ait eu si peu de victimes. Concrètement, ce qu’ils ont fait, à part se suicider, ça n’a aucun sens. Ce n’est pas la bonne heure : si vous voulez faire un carnage, vous faites ça au moment de l’entrée ou de la sortie des spectateurs. » De même, elle affirme que « s’ils avaient attendu la fin du match, quand des milliers de personnes se pressent vers le métro, ils auraient là aussi fait de terribles dégâts […] Mais surtout, ils auraient créé une panique incroyable. La panique, par effet indirect, c’est terrible. Les gens se piétinent ». Sur les raisons de ce comportement, la même source policière ajoute : « Pour l’instant, l’hypothèse la plus probable, c’est qu’ils avaient pour consigne de taper à 21 h 20 pour se coordonner avec le Bataclan. Ils n’étaient peut-être pas bien malins, ils n’avaient pas réussi à se positionner là où ils auraient dû, ils se sont fait péter à l’heure où on leur a dit… »

La seconde série d’attentats est opérée par trois hommes circulant dans une Seat noire immatriculée en Belgique. L’état actuel de l’enquête laisse supposer qu’il s’agit d’Abdelhamid Abaaoud, de Brahim Abdeslam et de Chakib Akrouh. Durant une vingtaine de minutes, et sur quatre sites rapprochés, ils abattent des dizaines de personnes attablées à des terrasses de cafés et de restaurants, en criant « Allahu akbar » et « C’est pour la Syrie », comme en témoignent des passants.

À 21 h 25, ils ouvrent le feu sur le bistrot Le Carillon, au 18, rue Alibert (à un angle de cette rue avec la rue Bichat), puis sur le restaurant qui lui fait face : Le Petit Cambodge, au 20, rue Alibert (à un autre angle de cette rue avec la rue Bichat). Au milieu de la nuit du drame, Le Monde fait état de quinze personnes tuées, et de dix blessés en urgence absolue, catégorie qui regroupe les blessés graves ou à traiter en extrême urgence.

À 21 h 32, ils tirent sur la brasserie Café Bonne Bière, 32, rue du Faubourg-du-Temple (au croisement de celle-ci avec la rue de la Fontaine-au-Roi) et près de la terrasse d’un restaurant italien, Casa Nostra, 2, rue de la Fontaine-au-Roi. Au milieu de la nuit du drame, le bilan est de cinq personnes tuées et huit blessés en urgence absolue.

À 21 h 36, ils attaquent le restaurant La Belle Équipe au 92, rue de Charonne (au carrefour de celle-ci avec la rue Faidherbe). Le bilan est ici de dix-neuf personnes tuées (dont l’épouse du patron du bar, qui formait avec son mari un couple mixte juif/musulman) et quatorze blessés en urgence absolue.

Enfin à 21 h 43, ayant été déposé par la Seat au café-brasserie Comptoir Voltaire, au 253, boulevard Voltaire (à un angle de cette artère et la rue de Montreuil), Brahim Abdeslam se fait exploser au moment où il passe commande en utilisant le même dispositif explosif que les terroristes du stade de France. L’explosion cause deux blessés graves et une dizaine de blessés légers, car seule la charge qu’il portait au dos a explosé.

La salle radio de la police qui ne comporte que quatre opérateurs est très rapidement submergée par le nombre d’appels. Les multiples adresses qui sont données par les appelants ajoutent à la confusion et rendent difficile dans un premier temps l’identification des lieux réels des attentats et donc l’envoi des secours.

Peu après 21 h 40, trois individus armés, à visage découvert, habillés en civil et n’ayant pas l’apparence de musulmans religieux — Samy Amimour, Ismaël Omar Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad — descendent d’une Polo garée à l’angle du boulevard Voltaire et du passage Saint-Pierre Amelot, devant la salle de spectacle et font feu devant l’entrée principale du Bataclan où se déroule depuis une demi-heure un concert du groupe de rock Eagles of Death Metal. Ils tuent trois personnes. À 21 h 42, ils envoient un SMS vers un numéro localisé en Belgique dans lequel ils indiquent « On est parti, on commence ». La ligne de réception est immédiatement désactivée et les terroristes jettent leur téléphone dans une poubelle. Ils font ensuite irruption par l’entrée principale alors que le groupe interprète la chanson Kiss the Devil, les terroristes ouvrent le feu en rafales. Les spectateurs les moins exposés pensent qu’il s’agit de pétards ou d’un spectacle pyrotechnique faisant partie de la mise en scène. Certains survivants rapportent que les terroristes tiraient dans la foule, en criant « Allahu akbar ». Selon plusieurs témoins, les terroristes faisaient référence aux bombardements aériens en Syrie décidés par François Hollande, et disaient qu’ils venaient venger leurs ” frères ” tués à l’occasion des frappes françaises.

Des spectateurs prennent la fuite par l’issue de secours, aidés, selon le responsable de la sécurité, par les membres de l’équipe des videurs, d’autres se cachent dans les étages ou sur les toits. Les terroristes cessent de tirer en rafales : ils tuent un à un des spectateurs à terre dans la fosse et achèvent des blessés à bout portant, comme ceux qui font le mort, ils tapent du pied sur les corps pour savoir s’ils sont vivants et vont jusqu’à forcer un des survivants à les aider à bouger les corps pour déceler ceux qui simulent. Certains parviendront tout de même à survivre dans la fosse, soit en restant complètement immobiles, soit en profitant d’un rechargement d’arme pour sortir de la salle. L’un des terroristes s’adresse à un jeune homme « typé », dont « la peau mate » le fait souvent passer pour un jeune d’origine maghrébine, et lui dit, selon son amie : « Toi, t’es des nôtres ! », avant de l’épargner et de tirer sur un autre jeune à ses côtés. Un des spectateurs qui venait de sauver une femme enceinte suspendue à une fenêtre est pris en otage par les terroristes qui l’obligent à assister au massacre alors qu’ils tirent depuis le balcon, puis engagent la conversation sur leurs revendications, lui demandent d’appeler BFM TV, et le forcent à faire le guet aux fenêtres et de crier que les terroristes sont munis d’explosifs.

Les policiers de la BAC de nuit du Val-de-Marne sont les premières forces de l’ordre à arriver sur place à 21 h 51. À leur arrivée, ils constatent que des personnes fuient la salle par la sortie de secours située dans le passage Saint-Pierre-Amelot. Ils se positionnent à un angle de ce passage avec le Boulevard Voltaire et rendent compte par radio de ce qu’ils voient : « c’est une scène de guerre, des personnes sont au sol, blessées ou mortes ». Ils sont, à quatre reprises, la cible de tirs de Kalachnikov depuis l’issue de secours du Bataclan. Plusieurs fois, ils ripostent au moyen de fusils à pompe. Les échanges de tirs s’écoulent sur une période de près de dix minutes. Présent devant la salle de spectacle, le photographe Patrick Zachmann, de l’agence Magnum, filme la scène : les policiers de la BAC (positionnés) tirent sur un (ou plusieurs) assaillant(s), eux-mêmes tirant depuis les issues du Bataclan ou du passage Saint-Pierre-Amelot.

Après la deuxième ou la troisième rafale, les policiers sont rejoints par quatre militaires de l’opération Sentinelle. L’un d’eux sollicite alors l’autorisation de les engager afin de pouvoir atteindre le terroriste embusqué derrière l’issue de secours. Il reçoit pour réponse : « Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre ». Le maréchal des logis chef commandant le groupe de militaires intervenu au Bataclan indique quant à lui devant la commission que les militaires n’ont pu ouvrir le feu car ils ne disposaient « pas de visuel sur le terroriste lui-même » et a ajouté que, dans le cas contraire, ils auraient « évidemment fait en sorte de [le] neutraliser ». Le rôle de cette équipe Sentinelle consistait à surveiller l’issue de secours située dans une ruelle, afin d’éviter que les terroristes ne sortent par là pour prendre à revers le personnel de la BRI et du RAID.

Parallèlement le commissaire de la BAC et son chauffeur pénètrent dans le Bataclan par l’entrée principale vers 22 h, et progressent rapidement dans la salle, favorisés – sans le savoir – par le fait qu’un des terroristes a déjà gagné l’étage tandis qu’un autre est aux prises avec les effectifs de la BAC au niveau du sas de l’issue de secours. Arrivés devant le bar situé à proximité de l’entrée de la salle de spectacle, ils aperçoivent le troisième terroriste sur la scène, mettant en joue un otage, les mains sur la tête, à qui il ordonne de s’allonger sur le sol. Ils tirent à six reprises avec leurs armes de poing, à une distance d’une vingtaine de mètres et l’abattent à 21 h 57. Le terroriste, Samy Amimour, parvient toutefois à actionner son gilet rempli d’explosifs, projetant la tête et une jambe du terroriste sur la scène. Dans les instants qui suivent, des tirs venus du balcon intérieur obligent le commissaire divisionnaire et son chauffeur à s’abriter puis à sortir de la salle par l’entrée principale tandis que deux cents à trois cents personnes sortent par la sortie de secours du passage Saint-Pierre Amelot – laissant ainsi supposer que le terroriste qui y était embusqué a alors, lui aussi, rejoint l’étage.

À 22 h 5, la salle d’information et de commandement de la direction régionale de la police judiciaire de Paris apprend qu’une prise d’otages est en cours au Bataclan. La première colonne de la BRI de Paris, la force d’intervention rapide (FIR), reçoit alors pour consigne de se détourner de sa mission initiale (elle devait se rendre rue de Charonne, vingt minutes après la fin de la fusillade de l’équipe des terrasses) et de rejoindre la salle de spectacle. Une seconde colonne, composée de quinze fonctionnaires, prend la direction de La Belle Équipe. À cette même heure, 22 h 5, le préfet de police de Paris, M. Michel Cadot, arrive au Bataclan.

Le commissaire divisionnaire de la BAC, déjà intervenu à l’intérieur du bâtiment, entendant de nouveaux coups de feu, entre une deuxième fois dans le Bataclan, accompagné d’une dizaine de policiers. Un échange de tirs s’ensuit puis les tirs cessent. À partir de ce moment, d’après Christophe Molmy qui dirige les opérations pour la BRI « il n’y a (plus eu) eu un seul coup de feu […]. C’était extrêmement impressionnant, il n’y a pas eu un bruit, même pas de complainte des victimes. […] On a d’abord sécurisé le bas pour extraire les blessés et les personnes valides. […] Les médecins de la BRI et du RAID nous désignaient les victimes à évacuer en priorité ».

À 22 h 20, les quinze fonctionnaires de la force d’intervention rapide de la BRI de Paris arrivent au Bataclan et progressent lentement au rez-de-chaussée77. Ils sont rejoints entre 22h30 et 22h35 par la deuxième colonne de la BRI de Paris, qui a d’abord atteint La Belle Équipe, portant le nombre de fonctionnaires de la BRI à trente. Ce renfort permet d’accélérer l’évacuation des otages.

Vers 23 h, la BRI commence à progresser dans les escaliers, ce qui permet à certains spectateurs, encore dissimulés à ce moment-là, de quitter les lieux. Elle est stoppée dans son avancement à 23 h15 par une porte close derrière laquelle se trouvent les deux membres du commando terroriste et une douzaine d’otages.

Les membres de la BRI commencent par exfiltrer les personnes survivantes et dissimulées. Des spectateurs s’échappent de chaque porte de toilettes ouverte, certains se sont dissimulés dans les faux plafonds. À 23 h 15, les colonnes du BRI arrivent devant deux portes : derrière celle de gauche, les deux terroristes sont retranchés avec leurs otages. Ils ont disposé les spectateurs contre les portes et fenêtres pour s’en servir comme boucliers humains. Quelques otages raconteront plus tard ces moments. Les policiers entendent l’un deux crier : « Arrêtez, n’avancez plus ! Ils sont deux, ils ont des ceintures explosives, ils menacent de nous tuer, de nous couper la tête. » Puis, désigné comme porte-voix par les terroristes, cet otage communique aux policiers un numéro de téléphone sur lequel ils peuvent les joindre. D’après un témoignage, c’est lui (ou un autre otage) qui aurait proposé aux terroristes d’établir ce contact avec la police.

Le policier négociateur va alors entamer pendant près d’une heure un dialogue depuis l’extérieur du bâtiment, installé dans un véhicule banalisé avec un collègue et la psychologue de la BRI. Cinq appels sont passés entre 23 h 27 et h 18. Les terroristes demandent à la BRI de les laisser sortir. Un policier raconte : « Ils étaient très énervés, très speed et confus, comme sous l’emprise d’une drogue. Ils répétaient les mêmes phrases en boucle. Nous sommes les soldats du califat. Tout ça est de la faute d’Hollande. Vous attaquez nos femmes et nos enfants en Syrie. On se défend en attaquant les femmes et les enfants de France. » Après le deuxième appel, à 23 h 29, le policier négociateur informe Christophe Molmy qu’il ne pense pas obtenir de reddition. Celui-ci demande au préfet et au directeur de la police judiciaire l’autorisation de donner l’assaut. À 23 h 45, le préfet de police donne son accord. Trois autres appels ont lieu, dans le seul but de gagner du temps de façon à obtenir des responsables du Bataclan des indications sur la configuration des lieux et à permettre aux policiers de s’organiser. À 23 h 48, troisième appel : les terroristes « ne menacent plus d’égorger tout le monde, de jeter les otages par la fenêtre » confiera plus tard le policier négociateur.

À 22 h 4, le RAID est mis en alerte tandis que l’adjoint au chef de l’unité se rend au ministère de l’Intérieur pour y attendre les premiers effectifs – les effectifs rapides.

À 22 h 7, le chef du RAID déclenche l’alerte générale, c’est-à-dire le rappel de tous les effectifs. En outre, les antennes situées à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes et Strasbourg sont mises en pré-alerte.

À 22 h 28, l’adjoint au chef du RAID arrive devant le Bataclan. Il est rejoint par l’équipe rapide d’intervention (ERI) du RAID (créée, après les événements du mois de janvier 2015), qui compte neuf hommes, à 22 h 48 puis par Jean-Michel Fauvergue, le chef du RAID, à 23 h 9, accompagné d’une colonne d’assaut. Une troisième colonne d’assaut du RAID arrive au Bataclan à 23 h 55.

À 22 h 50, vingt-cinq militaires du GIGN (mis en alerte à 22 h 26), emmenés par leur commandant, quittent Satory. Dix minutes plus tard, vingt militaires supplémentaires font de même tandis que le commandant du GIGN appelle l’officier de liaison placé auprès du préfet de police de Paris pour offrir les services de son unité à la BRI de Paris et au RAID. Compte tenu des forces sur place, ils ne sont toutefois pas sollicités.

À h 18, l’assaut est donné, sur autorisation du préfet de police de Paris, par les fonctionnaires de la BRI de Paris, soutenus par les effectifs du RAID, positionnés au rez-de-chaussée. Progressant, dans un couloir très étroit, sous le feu des Kalachnikov, la colonne enjambe les otages, bouclier tactique Ramsès en tête, et les exfiltre les uns après les autres jusqu’à parvenir à neutraliser les deux terroristes et à libérer tous les otages, vivants. Au cours de l’assaut, l’un des kamikazes, Foued Mohamed-Aggad, réussit à actionner son gilet explosif. La déflagration tue Ismaël Mostefaï. Un policier de la BRI est grièvement blessé. L’assaut a duré cinq minutes. Tous les otages sont évacués sains et saufs lors de cette ultime action.

À 22 h 4, le commandant des opérations de secours (COS) demande l’appui de dix VSAV en prévision d’un bilan qui pourrait s’alourdir et afin d’anticiper la manœuvre d’évacuation des victimes.

Dès 22 h 15, le commandant de la brigade de sapeurs-pompiers, le général Philippe Boutinaud, est sur place et assure le commandement des opérations de secours sur tout le dispositif Brigade de sapeurs-pompiers de Paris engagé. Il est accompagné du professeur Jean-Pierre Tourtier, directeur des secours médicaux du site, un médecin régulateur du SAMU et le professeur Pierre Carli, directeur médical du SAMU de Paris. Le plan « Rouge Alpha » est déclenché à 22 h 18.

Une zone d’exclusion police est mis en place selon la doctrine médicale d’intervention du RAID, au sein de laquelle sont identifiées les zones de combat et de reprise (qui se confondaient avec le bâtiment du Bataclan). Celle-ci recouvre le bâtiment du Bataclan, la majeure partie du passage Saint-Pierre Amelot et le boulevard Voltaire de la rue Oberkampf jusqu’au boulevard Richard-Lenoir.

De ce fait, les équipes de secours n’ont pas accès à la salle de spectacle, qui se situe alors à l’intérieur de cette zone d’exclusion. Dans les premières minutes, les victimes sont donc regroupées par les policiers dans le hall du bâtiment, entre les portes extérieures et les portes intérieures, où se constitue un « nid de blessés » à l’écart de la zone de combat. Elles sont ensuite évacuées, toujours par les policiers, à l’aide de barrières Vauban servant de brancards dans les premiers instants (des brancards seront ensuite fournis par les équipes de secours au fur et à mesure de leur montée en puissance) vers les trois postes médicaux avancés que les sapeurs-pompiers et le SAMU installent dans le même temps aux 22, 26 et 29, rue Oberkampf. Cette noria d’évacuation ne va cesser jusqu’à l’assaut final donné par les forces d’intervention spécialisée.

L’audition de M. François Molins, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris, et de Mme Camille Hennetier, vice-procureur au parquet anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris, devant la commission des lois de l’assemblée nationale le 9 décembre 2015 permet de préciser le dispositif de gestion de crise mis en place à la suite des attentats.

Le vendredi 13 au soir, dès 21h30, une cellule de crise composée de 35 magistrats figurant sur une liste établie au préalable, appelés à rejoindre immédiatement la section anti-terroriste du parquet de Paris est activée. Elle a pour objet d’assurer la coordination des services —  direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), sous-direction antiterroriste (SDAT) de la direction centrale de la Police judiciaire et direction régionale de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris —, la sécurité juridique des actes et la direction de l’enquête. Plus de 800 enquêteurs de la police judiciaire sont mobilisés, auxquels s’ajoutent ceux de la DGSI. Ce nombre important de personnes est en rapport avec la coordination des investigations, les autorisations à établir pour les géolocalisations, les perquisitions de nuit ou les interceptions téléphoniques. Cette cellule de crise a fonctionné jusqu’au mercredi 25 novembre, de jour comme de nuit avec comme tâches principales : analyse des procès-verbaux, contact avec les enquêteurs, synthèses des auditions, sachant que plus de 800 témoins ont été entendus, rédaction des réquisitions, etc.

Le dimanche 15 novembre, il est décidé de constituer une équipe commune d’enquête avec la justice belge, qui est en place le 16 novembre.

Dans la nuit du 13 au 14, Salah Abdeslam que l’on soupçonne d’avoir convoyé aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s’y sont fait exploser, à bord d’une Clio noire qu’il a ensuite abandonnée Place Albert-Kahn, a peut-être renoncé à se faire sauter dans le 18e arrondissement et cherche à échapper à la police et quitter Paris. À 22 h 29, il se rend dans un cybercafé de la rue Doudeauville où il achète un téléphone et une carte SIM. Il appelle d’abord son cousin parisien, le suppliant de « venir le chercher à Châtillon dans le 92 » parce qu’il était « dans la merde ». Le cousin refuse en lui répondant « Je ne sais pas si t’es au courant, mais il y a des attentats »« Ah ouais, il y a des attentats ? » lui répond Salah. Il contacte alors ses amis belges, Mohamed Amri et Hamza Attou, résidant à Molenbeek, respectivement barman et revendeur de cannabis au café des Abdeslam93. Après les avoir convaincu de venir le chercher à Paris, il leur donne ses indications par texto depuis l’allée Vauban à Châtillon (Hauts-de-Seine) où il se cache à partir de minuit.

À 2 h 22, il appelle ses amis : « J’ai plus de crédit. Au drive du Mac Do, attendez là, c’est au numéro un. » Amri reçoit le dernier texto de Salah à 5 h 27 juste avant d’arriver. Ils le décrivent alors « agité… pas à l’aise… pas bien », puis menaçant : « Il nous a dit de le ramener à Bruxelles, sinon il ferait exploser la voiture. » Et pour les persuader il se vante d’avoir abattu des gens à la kalachnikov, ajoutant que son frère Brahim s’est fait exploser et que lui, le seul survivant, est le « dixième » terroriste. Pour éviter les contrôles policiers, Salah Abdeslam demande à ses convoyeurs d’emprunter les petites routes, mais le trio se perd et retrouve l’autoroute de Belgique. Ils n’évitent donc pas les barrages et subissent pas moins de trois contrôles, en France.

Selon le récit d’Attou, « le premier policier nous a demandé si on avait consommé ». Salah reste silencieux sur la banquette arrière. Amri et Attou répondent « oui » puisqu’ils viennent de fumer un joint. « Le policier a dit que ce n’était pas bien, mais que ce n’était pas la priorité aujourd’hui. » Ce n’est qu’au deuxième contrôle qu’on leur demande leurs papiers. Au dernier, sur l’autoroute A2 près de Cambrai, Salah donne même son adresse de Molenbeek. À cet instant, il n’est pas encore recherché.

Arrivé dans la banlieue de Bruxelles, le trio s’arrête devant une banque. Accompagné par un de ses chauffeurs, Salah sort du véhicule et se rend sur un marché pour acheter divers vêtements, puis enfile le tout dans la camionnette d’un commerçant. Dans une boutique voisine, il achète cette fois un nouveau téléphone portable avant de s’arrêter chez un coiffeur. « Il voulait une coloration, mais le coiffeur n’en faisait pas. » Au deuxième salon, il se ravise, se coupe les cheveux à ras, et se fait raser un trait sur le sourcil ». Le trio repart et s’arrête km plus loin où un autre ami de Salah les rejoint dans un café. Le fugitif explique alors sa stratégie : éviter le quartier de Molenbeek, où il réside — et où la police viendra immanquablement le chercher — et rejoindre une planque à Schaerbeek, un autre quartier de Bruxelles, où il affirme que quelqu’un l’attend. Au moment de se rendre à Schaerbeek, Salah est très pâle. Il détruit son ancien téléphone, puis est conduit en voiture à l’adresse qu’il souhaitait. Là, il abandonne définitivement ses exfiltreurs. « Il m’a serré dans ses bras, et m’a dit qu’on n’allait plus jamais se revoir », se rappelle l’un d’eux.

Attou appelle dans la nuit de vendredi à samedi un certain Ali Oulkadi qui est un ami de Brahim Abdeslam. Samedi à midi, Attou retrouve à Laeken Ali Oulkabi qui les convoie avec son véhicule personnel. Il découvre la compagnie de Salah Abdeslam et ses actes. Après avoir pris un café, Ali Oulkabi dépose Salah Abdeslam à Schaerbeek où l’on perd sa trace. (Toutes ces infos ont été prises sur wikipédia)

On a dénombré ce jour là 138 morts et plus de 320 blessés dont certains sont encore hospitalisés et en soins, d’autres ont un suivit psychologique. La France a été jusqu’à ces derniers temps en alerte maximale, mais il est évident que notre gouvernement doit se montrer vigilant pour que plus jamais ce genre d’horreur ne perdure… Je n’ai pas mis les photos de ces terroristes car ce serait encore leur donner trop d’honneur !!!!! Certains attentats récents ont eu lieu malheureusement, faisant encore des morts et des blessés, d’autres ont pu être évité….. Rendons hommage à tous nos morts tombés sous les balles de fanatiques qui tuent au nom d’une religion qu’ils déshonorent et soutient à tous nos blessés ! Paola



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