Monde – Simone Veil au Panthéon







Connue dans le monde entier, reçue par des élites dans divers pays, honorée tel un véritable président, je ne pouvais pas terminer cette journée sans parler de cette grande dame qu’était Madame Simone Veil, décédée le 30 juin 2017. Aujourd’hui sa dépouille avec celle de son mari, entre au Panthéon afin que nul n’oublie… Je vous retrace son histoire…  Simone Veil est née le  à Nice et son destin particulier a fait d’elle une femme exceptionnelle ! 

C’est lors d’un contrôle effectué dans la rue par deux SS, Simone Veil née “Jacob”, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le , à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. Elle est emmenée à l’hôtel Excelsior, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des juifs arrêtés avant leur déportation vers l’Allemagne. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille, hébergée malgré les risques encourus par plusieurs couples de relations et d’amis niçois, est arrêté par la Gestapo. Sa sœur Denise Vernay, entrée à 19 ans dans un réseau de Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944, et déportée à Ravensbrück d’où elle revient.

Simone transite par le camp de Drancy, lieu où était trié les prisonniers. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie par le convoi 73. Simone Veil ne les a jamais revus.

Le , soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy (convoi no 71) à destination d’Auschwitz-Birkenau, un des camps d’extermination nazis, où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l’extermination. Elle reçoit le matricule 78651 qui lui est tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions d’énormes pierres » et « à creuser des tranchées et aplanir le sol ».

En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, elle est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d’Auschwitz le , les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu’au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus en mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l’arrivée des  troupes britanniques le . Simone, Madeleine et son autre sœur Denise (engagée dans la Résistance) sont les seules survivantes de la famille, puisque leur père, leur mère et leur frère ne sont pas revenus des camps.

Après la guerre Munie de sa licence de droit et de son diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris, elle renonce à la carrière d’avocate et passe avec succès, en 1956, le concours de la magistrature. Elle occupe dès lors un poste de haut fonctionnaire dans l’administration pénitentiaire au ministère de la Justice, où elle s’occupe des affaires judiciaires.

Pendant la Guerre d’Algérie, elle réussit à faire transférer en France des prisonnières algériennes qu’elle estimait exposées aux mauvais traitements et aux viols. Elle passe en 1964 aux affaires civiles. En 1970, elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Rescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire jusqu’à sa nomination comme ministre de la Santé, en . À ce poste, elle fait notamment adopter la « loi Veil », promulguée le , qui dépénalise le recours par une femme à l’interruption volontaire de grossesse.

De 1979 à 1982, elle est la première Présidente du Parlement Européen, nouvellement élu au suffrage universel. Elle est Ministre d’État, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, et « numéro deux » dans le gouvernement Édouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Élue à l’Académie française le 20 novembre 2008, elle y est reçue solennellement le  par Jean d’Ormesson.

À la suite de la mort en cours de mandat du président Georges Pompidou, elle soutient la candidature de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, poste qu’elle conserve sous les gouvernements Raymond Barre.

Elle est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement. Ce combat lui vaut des attaques et des menaces de la part de l’extrême droite et d’une partie de la droite parlementaire, comme l’a rappelé Jean d’Ormesson en l’accueillant à l’Académie française. Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». Le texte est finalement adopté à l’Assemblée nationale le , la gauche, en particulier, venant à la rescousse des députés centristes favorables à la loi mais non majoritaires à l’Assemblée dans ce cas précis. La loi est ensuite adoptée au Sénat, deux semaines plus tard. Elle entre en vigueur le .

  •  –  : ministre de la Santé
  •  –  : ministre de la Santé et de la Sécurité sociale
  •  –  : ministre de la Santé et de la Famille
  •  –  : ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville
  •  – mars 1993 : députée européenne
  •  –  : présidente du Parlement européen
  •  –  : présidente du Groupe libéral, démocratique et réformateur au Parlement européen
  • Mars 1998 – Mars 2007 : membre du Conseil constitutionnel
  • 2000-2007 : présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah (présidente d’honneur depuis 2007)
  • Membre du conseil d’administration de l’Institut français des relations internationales (IFRI)
  • Présidente du conseil de direction du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale
  • Membre du jury du prix pour la prévention des conflits de la Fondation Chirac
  • Présidente du Conseil consultatif français des Bourses Entente Cordiale
  • Grand officier de l’ordre national de la Légion d’honneur le 29 avril 2009, puis
  • Grand croix de la Légion d’honneur le 13 juillet 2012.
  • Chevalier de l’ordre national du Mérite
  • Dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique
  • Intronisée, International Hall of Fame de l’International Women’s Forum
  • Médaille d’honneur de la Santé et des Affaires sociales (échelon or), 2012
  • Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe (2007)
  • Prix européen Charles Quint (2008)
  • Prix littéraires Les Lauriers Verts pour son autobiographie Une vie (2009)
  • Prix Heinrich Heine de la ville de Düsseldorf pour l’ensemble de son œuvre (2010)

Cette femme politique avait un sens de l’humanisme très profond, elle s’est battue pour ses convictions et à toujours combattu pour le droit des femmes.  Elle laisse aux français une empreinte qui marquera le temps actuel ainsi que celui des générations futures et il plus que normal qu’elle intègre le haut lieu du Panthéon ! Paola






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