RDC – Internet coupé à la remontée du résultat des élections





Les autorités ont coupé l’accès internet afin d’éviter un  soulèvement populaire alors que la République Démocratique Du Congo comptabilise les résultats de l’élection présidentielle du dimanche 30 décembre. Cette coupure s’est faite au moment de la centralisation des résultats, après l’élection présidentielle. Les résultats provisoires seront rendus publics au plus tard le dimanche 6 janvier. C’est la commission électorale nationale indépendante qui l’a confirmé mardi ! Il faut dire que la succession du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 est en jeu.

Le comité laïc de coordination (CLC) responsable de trois marche depuis 2018 pour réclamer le départ de Kabila a demandé aux Congolais, de demeurer vigilants pour ne pas nous faire voler notre victoire, il a continué en disant que “ Le simple changement dans la continuité ne sera pas toléré ”, en faisant allusion à une éventuelle proclamation de la victoire du candidat du pouvoir, l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary. 

A cause de ça, la suspension de l’accès internet pour une durée indéterminée a été annoncée lundi à l’AFP par un opérateur de téléphonie mobile et un fournisseur d’accès. Les envois de SMS sont également impossibles. le conseiller diplomatique du président Kabila, Barnabe Kikaya bin Karubi a déclaré que des personnes envahissaient les gens avec des chiffres erronés des élections et que cela préparait la population à un soulèvement populaire.

Radio France Internationale (RFI) coupée, il est impossible d’écouter Radio France internationale (RFI) en FM depuis lundi soir. Mardi soir, la radio publique française a affirmé que six de ses émetteurs sur neuf ne fonctionnaient pas en RDC (Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu et Mbandaka).
Des internautes tentaient mardi leur chance dans quelques grands hôtels de Kinshasa où internet était encore disponible. D’autres se rendaient au port fluvial où des petits commerçants revendaient à la sauvette des recharges de crédit d’opérateurs du Congo-Brazzaville voisin.Un forfait internet qui se vend 1.000 FCFA (1,50 €) à Brazzaville se marchandait à 5 000 francs congolais (2,60 €) de l’autre côté du fleuve.

Ces coupures ont provoqué la première réaction diplomatique depuis les élections dimanche, pour lesquelles Kinshasa avait prié la communauté internationale de se tenir à l’écart, c’est celle des Etats Unis. Les diplomates des States ont demandé au gouvernement congolais de ne pas bloquer les moyens de communication et notamment l’accès à internet ainsi que ceux des médias ont écrit dans un communiqué conjoint les représentants de plusieurs pays occidentaux à Kinshasa emmenés par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Un appel au calme a été demandé dans un communiqué par les observateurs électoraux congolais de la Conférence des évêques (Cenco) et de l’ONG Symocel. Les Occidentaux soutiennent aussi leur demande d’un accès des observateurs au centre de compilation des résultats.

Cette compilation intervient dans des centres locaux après la fin du dépouillement des bulletins et l’affichage des résultats dans les dizaines de milliers de bureaux de vote à travers le pays. Lors des dernières élections en 2011, une ONG avait dénoncé des fraudes dans des centres locaux de compilation des résultats (CLCR). “ Les opérations de ramassage, centralisation et compilation des résultats dans les 179 centres locaux de compilation se poursuivent normalement ” a indiqué mardi la Commission électorale (Céni) dans un communiqué.

Des observateurs auraient été acceptés dans les CLCR sauf dans deux provinces (Lomami, Sakuru), a déclaré à l’AFP un membre de la Conférence épiscopale (Cenco) qui affirme avoir déployé 40 000 observateurs sur le terrain le jour du vote mais La Commission électorale a dénoncé des actes de vandalisme la nuit dernière en plusieurs endroits pour lesquels des plaintes sont déposées ce jour. Dans le Nord-Kivu, l’opposition favorable au candidat Martin Fayulu a dénoncé des bourrages d’urnes par des groupes armés dans le territoire du Masisi lors du vote dimanche. Trois candidats sur 21 se disputent les voix pour la succession du président Kabila :  l’ancien ministre de l’Intérieur Emmmanuel Ramazani Shadary, ainsi que les deux opposants Félix Tshisekedi et Martin Fayulu. Internet est donc coupé à l’heure de la remontée des résultats des élections. Paola




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