Mali – Une centaine de morts samedi 22





(Photo by Daphné BENOIT / AFP)

Les affrontements entre les peuls et les ethnies bambara et dogon ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018.
Mais une attaque samedi 22 mars dans le village peul de Ogossagou, au Mali, a fait au moins une centaine de morts.
En effet, c’est plus d’une centaine d’habitants d’un village peul du Mali qui ont été tués samedi par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons, près de la frontière avec le Burkina Faso, et cette tuerie s’est faite en pleine visite du Conseil de sécurité de l’ONU dans un Sahel déjà en proie à la menace djihadiste.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, qui sont traditionnellement des éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon qui eux pratiquent essentiellement l’agriculture ! Ces mêmes groupes bambara et dogon ont créé leurs propres ” groupes d’autodéfense “.

C’est donc samedi à l’aube, qu’un groupe de chasseurs dogons a semé la désolation à Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, tuant plus d’une centaine de villageois. Une mission composée d’un détachement de l’armée et des autorités locales sont arrivées sur place dans l’après-midi, selon une source de sécurité qui a fourni un bilan d’au moins 105 morts civils.
Les chasseurs traditionnels sont accusés par les rescapés, a souligné le préfet de Bankass, Boubacar Kané, tout en affirmant que le bilan provisoire était de 115 morts, dont les éléments peuls du DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) cantonnés dans le village de Ogossagou.

Ce bilan a même été confirmé par le maire de la localité voisine de Ouenkoro, Cheick Harouna Sankaré. L’association de défense des droits des populations pastorales Kisal, qui avait signalé des exactions perpétrées contre la communauté peule par des hommes armés habillés en chasseurs dans le cercle de Bankass, a également annoncé un bilan d’au moins 115 Peuls tués à Ogossagou/Bankass. Parmi eux, le chef du village et le marabout Bara Sékou Issa ainsi que toute leur famille.

Selon des témoins, les cases du village ont été incendiées. L’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a parlé d’une terrible attaque, lors d’une conférence de presse samedi à Bamako. La Mission de l‘ONU au Mali (Minusma) condamne fermement de telles attaques contre des civils et appelle les autorités maliennes pour enquêter afin que les auteurs de ces atrocités répondent de leurs actes.
La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) a également condamné ce crime imprescriptible et appelé à la cessation immédiate de ces massacres.
L’attaque se produit six jours après un attentat djihadiste à Dioura, dans la même région mais beaucoup plus au nord, contre un camp de l’armée malienne, qui a perdu 26 hommes, selon un dernier bilan de source militaire.

Dans un communiqué de revendication vendredi 21 mars, la principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda justifie l’opération de Dioura à cause des crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre leurs frères peuls.
Après avoir été reçu vendredi par le président Ibrahim Boubacar Keïta, les ambassadeurs des 15 pays siégeant au Conseil de sécurité ont rencontré samedi les signataires de l’accord de paix de 2015, puis le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, avec lequel ils ont notamment évoqué la situation dans le centre du pays.
Dans un rapport publié le 5 mars, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres affirme que les six derniers mois ont enregistré davantage d’avancées que le reste de la période écoulée depuis la signature de l’Accord en 2015.
D’après lui ce serait dû à la pression internationale, et surtout à la menace de sanctions. Néanmoins, les conflits qui continuent de se propager du nord vers le centre du Mali, détournent l’attention de l’Accord et en compliquent la mise en oeuvre.

Le très lourd bilan de l’attaque de Dioura a provoqué la colère des familles de militaires maliens, malgré que le gouvernement ait décrété un deuil national de trois jours à partir de vendredi. Ce matin le bilan s’est alourdit et serait de 160 morts.
Le président Keïta a aussi prévenu les chefs de l’armée qu’aucunes négligences ne saurait plus être tolérées.
Des centaines d’épouses et d’enfants de soldats ont ainsi éconduit jeudi à Nioro (ouest).
Le chef d’état-major de l’armée de terre venu présenter ses condoléances et manifester vendredi à Ségou et Sévaré (centre) pour dénoncer la mort de militaires et réclamer davantage de moyens pour l’armée. (Source OuestFrance)

Nous présentons nos condoléances attristées aux familles endeuillées. Paola





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