Soudan – Déploiement de l’armée à Khartoum





Hier, l’armée s’est déployée à Khartoum ou étaient rassemblés des milliers de manifestants pour le troisième jour consécutif afin de réclamer la démission du président Omar el-Béchir. Depuis le jour du 19 décembre l’armée s’était plutôt montrée discrète dans la répression des manifestants, menée par le puissant service de renseignement (NISS) et les forces de police anti-émeute.
Mais lundi 8 avril, changement de stratégie pour les militaires qui ont installé des barricades dans plusieurs rues à proximité du QG de l’armée afin d’empêcher des véhicules de s’approcher. Dans la matinée, des véhicules transportant des membres du NISS et de la police anti-émeute ont également pris position près du siège de l’armée, qui ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes sur les manifestants.

D’après des témoins, des tirs ont également été entendus mais sans que leur origine puisse être identifiée.
Les forces de sécurité du régime ont tenté de disperser le sit-in par la force, a indiqué lundi l’Alliance pour le changement et la liberté dans son communiqué.
Des milliers d’hommes et de femmes tiennent depuis samedi 6 avril le plus grand rassemblement jamais organisé depuis le début de la contestation en décembre, certains campant devant le complexe qui abrite le siège de l’armée et le ministère de la Défense, non loin de la résidence du président.

Les organisateurs de la contestation avaient ont appelé dans un communiqué les habitants de la capitale et des environs à se joindre aux manifestants après avoir dit samedi et surtout espérer que les militaires prennent position pour le peuple. Ce n’est pas la première fois que les manifestants tentent de marcher vers les lieux de pouvoir, mais toujours ils en avaient été empêché par les forces de sécurité.
C’est l’augmentation du prix du pain par 3 qui a déclenché le 19 décembre 2018 les manifestations qui se sont rapidement transformées en mouvement de contestation contre Omar El-Béchir, qui dirige le pays depuis un coup d’État en 1989.

Après avoir tenté de réprimer la contestation par la force, il a instauré l’état d’urgence dans tout le pays le 22 février. Depuis le début du mouvement, 32 personnes sont décédées, selon les autorités, mais le chiffre serait au moins de 51 morts. Une affaire à suivre. Paola





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