Soudan – Grève générale





Les manifestants, eux, ne font pas confiance à l’armée pour mener les réformes nécessaires dans ce pays en plein marasme économique, régulièrement confronté à des pénuries de biens et de devises étrangères.
Dans une tente au bord d’une route à Khartoum, des jeunes sont venus faire la promotion du mouvement de contestation. “ Nous essayons de sensibiliser les citoyens sur la grève et la désobéissance civile ”, explique une jeune fille, ingénieure fraîchement diplômée et a elle de continuer : “ Nous respectons l’armée dans sa mission de protection du pays et elle a toute sa place dans le gouvernement “, mais pour elle le Soudan a des ressources dont la population pourrait bénéficier et le pouvoir civil est le moyen d’offrir aux citoyens l’éducation, la santé. 
Des milliers de Soudanais ont donc observé, mardi 28 e
t mercredi 29 mai, une grève générale à l’appel de la contestation, paralysant les transports, les banques, les ministères, et autres entreprise, pour accroître la pression sur l’armée, car cette dernière refuse de transférer le pouvoir aux civils après plus de six semaines après l’éviction d’Omar el-Béchir, destitué par l’armée le 11 avril.

Mercredi 29 mai, des centaines d’entre eux ont manifesté devant le siège de la Banque centrale dans le quartier d’affaire de Khartoum.
Face à l’impasse des négociations, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a donc appelé à une grève générale. Des milliers d’employés ont rejoint la grève, affirmant que seul un gouvernement civil pourrait sortir le pays de la crise politique.
Le mouvement de la contestation est venu dire qu’il refusait le gouvernement des militaires et ce sont des centaines de  grévistes qui ont manifesté devant le siège de la Banque centrale dans le quartier des affaires de Khartoum, qui avait été pris d’assaut par des forces armées, selon le mouvement de contestation. D’après une contestataire, la constitution nous donne le droit de grève. C’est pour cela qu’ils veulent un gouvernement civil, et le foule de crier des slogans du soulèvement : “ Liberté, paix, justice ! Le pouvoir civil est le choix du peuple ! ”
Mercredi matin, l’aéroport de la capitale a commencé à reprendre ses activités malgré le maintien de la suspension des vols des compagnies soudanaises Badr, Tarco et Nova. La veille, de nombreux employés avaient marqué un arrêt de travail. Au principal terminal de bus de la ville, nombre de voyageurs coincés tentent de trouver un moyen de transport privé pour rejoindre leur destination, les employés des compagnies de bus ayant décidé de maintenir leur grève. 

Plusieurs journaux n’ont pour leur part pas pu imprimer leur édition car les techniciens font la grève. Les manifestants, rassemblés depuis le 6 avril devant le siège de l’armée, demandent désormais un pouvoir civil pour remplacer les généraux. La détermination du mouvement de contestation, déclenché le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, n’empêche pas les généraux de résister aux appels de la communauté internationale à transférer le pouvoir aux civils. Les négociations sur la composition d’un futur Conseil souverain qui doit gérer une période de transition de trois ans ont achoppé sur la répartition des sièges entre militaires et civils et sont à l’arrêt depuis plus d’une semaine. Chaque camp réclame la direction du Conseil. Les militaires invoquent des raisons de sécurité pour garder la main sur la transition tandis que la contestation insiste pour que cette instance soit dirigée par un civil. Paola





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