Guinée – La malédiction de la bauxite

En Guinée, la malédiction de la bauxite

Chargement des cargos navires au terminal d'exportation maritime de bauxite du port de Conakry, en Guinée, le 8 avril 2017.
Chargement des cargos navires au terminal d’exportation maritime de bauxite du port de Conakry, en Guinée, le 8 avril 2017. PIERRE GLEIZES/REA

La richesse du sous-sol guinéen, dont une partie est exportée vers la Chine, ne profite pas à la population.
Mamadou Tawel Camara a bien écouté les déclarations de la junte militaire du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD), depuis son coup de force du 5 septembre pour déposséder le président Alpha Condé de son pouvoir. « Elle a rassuré les sociétés minières sur la poursuite de leurs activités ; parallèlement, elle promet une vie meilleure à la population, résume-t-il. Mais jamais ces deux promesses n’ont été compatibles. »

Mamadou Tawel Camara est bien placé pour porter ce jugement. Il est le maire de Boké depuis 2019. Cette préfecture de l’ouest guinéen est la capitale mondiale de la bauxite. Un titre, fictif, lié à l’essor de l’extraction dans la région de cette terre rouge à la base de la production de l’aluminium, passée de 16 millions de tonnes en 2013 à 88 millions en 2020. La Guinée est aujourd’hui le deuxième producteur mondial derrière l’Australie et le premier fournisseur de la Chine, le plus important producteur d’aluminium au monde.
Les géologues connaissent depuis longtemps la richesse du sous-sol guinéen : plus grosses réserves mondiales de minerai de fer, de l’or, des diamants, des métaux rares… « Mais c’est un concours de circonstances qui a projeté notre pays sur le devant de la scène », raconte Ismaël Diakité, président de la Chambre des mines de Guinée. En 2014, l’Indonésie suspend ses exportations, espérant inciter les entreprises étrangères à transformer sur place la matière première en alumine. Peu après, la Malaisie, autre gros fournisseur de la Chine, faisait défection pour des questions environnementales.

Dégâts environnementaux et sociaux

Les miniers chinois, surtout, se sont alors jetés sur la Guinée et ses réserves colossales (un tiers du potentiel planétaire, selon la Banque mondiale) exploitables à bon marché, à ciel ouvert. La Guinée exporte la totalité de sa production. « Si le pays voulait raffiner sa bauxite, elle ne le pourrait pas, par manque d’énergie pour alimenter les usines », rappelle Ismaël Diakité. Alors que le cours de l’aluminium connaît son plus haut niveau depuis 2008, celui de la bauxite, au début de la chaîne des valeurs, reste stable.
Les dégâts environnementaux et sociaux, eux, s’accroissent. Mamadou Traoré, honorable homme très âgé, conservateur du musée ethnographique de Boké, logé dans un ancien fortin colonial, est aussi président de l’Association régionale des chasseurs. « Les animaux entendent le bruit des dynamitages dans les carrières à 15 kilomètres de là. Les buffles, les antilopes sauvages, les cynocéphales [babouins de Guinée] ont donc fui à 30 kilomètres », se lamente-t-il. (Source : Le Monde – Christophe Châtelot)

Quand je disais il n’y a pas si longtemps que les chinois prenaient le pas sur tout et dans tout, l’industrie, le luxe, les médicaments, l’or, etc etc !
On me disait mais non, ils vont embaucher du personnel sur place !! Alors oui effectivement, ils ont embauché sur place, mais à bas coût, le personnel qualifié vient de chez eux et ils se servent généreusement. Ces industriels là ne pensent qu’aux profits et au pouvoir en tous genres et ça c’est grave !! La faune et la flore subissent des dégâts importants, alors il est évident que si la Guinée arrivait à exploiter elle même sa Bauxite, cela ferait plus d’emplois locaux payés équitablement, des avantages environnementaux et sociaux puisque les guinéens connaissent le terrain et le tout serait fait dans la douceur, sans abimer la faune et la flore !! Mais, parce que forcément il y a un mais, le profit est toujours pour les mêmes, ceux qui ont de l’argent et qui en veulent toujours plus !
Les images posées sur cet article ne sont pas ma propriété ni celles du site.
Paola

A propos Paola

Mon pseudo "Kaki Sainte Anne" Ecrivaine, mais je suis Béatrice Vasseur et je signe tous mes articles ici sous le nom de "Paola"
Ce contenu a été publié dans Afrique, Les Mots de Paula, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire