Soudan – La rue, dernier rempart de la démocratie

Des protestants à Khartoum, le 25 octobre 2021. (Photo/AFP)

Bonjour à toutes & tous, Tout le monde le sait, le coup de force de l’armée, vient de mettre un terme à la transition fragile qui était en cours depuis 2019, a suscité la colère populaire. Derrière ce bras de fer qui a déjà fait plusieurs morts, c’est le destin d’une bien légère démocratie qui est en jeu. La réaction a été massive : dès lundi matin, le peuple soudanais est descendu. Lundi de bonne heure, les militaires ont arrêté des ministres et membres civils du Conseil de souveraineté, dont le Premier ministre, Abdallah Hamdok qui chapeaute depuis 2019 une transition démocratique

A peine le coup d’Etat rendu public, Internet est coupé dans tout le pays, qui est rappelons le, le troisième plus vaste d’Afrique après l’Algérie. Comme ils ont pu, les manifestants ont réussi depuis Khartoum, la capitale, à inonder les réseaux sociaux. Ils ont diffusé sans arrêt des vidéos et des photos qui prouvent leur détermination à ne pas se laisser voler leur révolution démocratique, amorcée déjà en avril 2019 avec la chute du dictateur Omar el-Béchir, après trente ans de règne sans partage. Une femme est filmée s’adressant à la foule qui grossit de minutes en minutes. Ailleurs, un homme fait le signe de la victoire, alors que des pneus brûlent dans une rue vidée de passants.

Ultime sursaut désespéré d’un peuple qui a soif de liberté ? Ou bien impulsion décisive pour stopper l’initiative d’une armée, qui, après avoir d’elle-même décidé de détrôner Omar el-Béchir, devenu encombrant, n’avait accepté qu’avec réticence de partager le pouvoir avec les civils.
A la tête de ce coup d’Etat, le Général Abdel Fattah al Burhane qui promet de poursuivre malgré tout des élections libres en 2023 avec une transition vers un Etat Civil, mais ces déclarations n’ont pas convaincu le peuple et puisque ce Général promet de se maintenir dans la transition, pourquoi un tel coup d’état puisque la transition était quand même là, fragile certes, mais là quand même !!

Depuis 2019, l’Afrique plombée par une succession de coups d’Etat militaires

On se demande quand même pourquoi l’armée a t’elle voulu reprendre le contrôle du pays ?
Alors les militaires joueraient-ils un double jeu ? Etant donné que les militaires se présentent finalement comme ceux qui sauvent le pays en menant la transition démocratique, de plus on ne peut pas savoir qui donc l’armée autorisera à se présenter comme candidat aux élections de 2023 et à mon avis le prochain gouvernement sera dominé par les militaires puisque les gouvernements militaires se sont succédés au Soudan depuis l’indépendance de 1956. Omar el-Béchir étant lui même arrivé au pouvoir en renversant une coalition gouvernementale instable en 1989.
Il faut quand même savoir que les militaires n’ont cesser de repousser les civils dans des positions peu confortables voire marginales, de plus l’armée à laisser le soin aux civils d’assumer les réformes les plus impopulaires surtout les mesures d’austérité imposées par le FMI. Selon les partisans des autorités civiles, les militaires ont instrumentalisé ces difficultés pour pointer du doigt l’incompétence supposée des civils et mieux se présenter en sauveur de la nation. Seule l’avenir dira si c’était vrai.
C’est tout pour le moment, je vous retrouve un peu plus tard, en attendant, je vous souhaite une bonne journée à vous et aux vôtres.
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Paola

A propos Paola

Mon pseudo "Kaki Sainte Anne" Ecrivaine, mais je suis Béatrice Vasseur et je signe tous mes articles ici sous le nom de "Paola" mon second prénom
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