Monde – Le 06 juin 1944 le débarquement des alliés







Le 6 juin 1944, à l’aube, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s’approche des côtes normandes. Elle s’étale sur un front de 35 kilomètres et transporte des Britanniques, Étasuniens ou Canadiens pour la plupart. Plus de 10 000 avions la protègent. C’était le débarquement des alliés sur les plages de Normandie ! 

La phase d’assaut d’Overlord, nom de code Neptune, a été le plus grand débarquement de l’histoire en termes de navires engagés. À la fin de la journée, plus de 200 000 hommes vont se trouver face à face.

156 177 hommes (5 divisions d’infanterie et 3 divisions aéroportées) sont débarqués le jour J, dont 10 470 seront tués, blessés ou portés disparus, selon les chiffres du Mémorial de Caen. Par mer, environ 133 000 hommes : 59 000 Américains sur les plages Utah et Omaha, 54 000 Britanniques sur Gold et Sword et 21 000 Canadiens sur Juno. 177 Français débarquent aussi sur Sword. Par air, 23 000 hommes : 13 000 parachutistes américains sont largués sur Utah et 10 000 Britanniques entre l’Orne et la Dives.

Aviation alliée : Pendant la seule journée du 6 juin, 11 500 appareils (dont 3 500 planeurs de transport, 5 000 chasseurs et 3 000 bombardiers) survolent les plages normandes et déversent 11 912 tonnes de bombes sur les défenses côtières allemandes. Les pertes seront faibles : 127 avions perdus et 63 endommagés.

Force navale alliée : L’opération Neptune engage 6 939 navires et la force de débarquement proprement dite comprend 4 126 navires et barges constitués en 47 convois. Une partie des transports (les LCA, Landing Craft Assault) accompliront la traversée à bord de bateaux plus puissants pour n’être mis à la mer qu’au large de l’une de leurs cinq plages de débarquement. Les autres types de péniches traverseront la Manche par leurs propres moyens, notamment les LCI(Landing Craft Infantry), petits transports de troupes ; les LCT (Landing Craft Tanks), qui transportent des chars et des véhicules ; les LCVP (Landing Craft Vehicle Personal) ; les LST (Landing Ship Tanks) ; ainsi que les fameux “ducks” (canards), engins amphibies propulsés par une hélice. 20 000 véhicules et un millier de chars ont ainsi été transportés.

La flotte logistique : 736 navires auxiliaires et 864 navires marchands pour le transport de vivres et de munitions et les hôpitaux flottants. Parmi les navires marchands, 54 blockships seront coulés pour former des rades artificielles. 

L’escadre de combat : 137 navires de guerre dont 7 cuirassés, une vingtaine de croiseurs, 221 destroyers, frégates, corvettes, 495 vedettes, 58 chasseurs de sous-marins, 287 dragueurs de mines, 4 poseurs de mines, 2 sous-marins.

Du côté des ALLEMANDS

Un peu moins de 150 000 hommes de la 7e armée sont stationnés en Normandie et environ 50 000 dans la zone de débarquement. À proximité des plages, une seule division blindée, la 21e, au sud-est de Caen, et six divisions d’infanterie. Deux autres divisions blindées, la 12e SS (Hitler-Jugend) et la division Panzer-Lehr, sont respectivement près d’Évreux et vers Alençon-Le Mans. Trois autres divisions – 1re SS, 2e et 16e – se tiennent au nord de la Seine, aux environs de Mons, Péronne et Senlis.

Aviation allemande : Moins de 500 appareils, dont une bonne partie vient d’être envoyée sur le front est. Restent quelques dizaines de bombardiers et chasseurs.

Marine allemande : 30 vedettes, 4 destroyers, 9 torpilleurs, 35 sous-marins.

lancée dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.

C’est la phase d’assaut d’une plus vaste opération, l’opération Overlord, qui vise à créer une tête de pont alliée de grande échelle dans le nord-ouest de l’Europe et l’ouverture d’un nouveau front à l’Ouest. Ce débarquement marque le début de la bataille de Normandie. Cette opération Neptune incluait de nombreux mouvements :

  • la traversée de la Manche par plusieurs milliers de navires ;
  • les opérations aéroportées américaine et britannique la nuit précédente ;
  • les bombardements préparatoires aériens et navals des défenses côtières allemandes ;
  • le débarquement des troupes dès le 6 juin au matin (« Jour J ») sur les plages du nord-est du Cotentin et de l’ouest du Calvados dans les secteurs (d’ouest en est) d’Utah Beach et Omaha Beach et de la pointe du Hoc pour les Américains, Gold Beach pour les Britanniques, Juno Beach pour les Canadiens et Sword Beach pour les Britanniques (incluant les Français libres des commandos Kieffer).

Une fois les plages prises, l’opération se poursuit par la jonction des forces de débarquement et l’établissement d’une tête de pont sur la côte normande puis l’acheminement d’hommes et de matériels supplémentaires. Les jours suivants voient la mise en place des structures logistiques (ports artificiels Mulberry, oléoduc sous-marin PLUTO) pour le ravitaillement du front et le débarquement de troupes supplémentaires. L’opération cesse officiellement le .

De 1942 à 1944 les alliés ont développé un savoir-faire et acquis de l’expérience en réussissant plusieurs autres débarquements : en Afrique du Nord en novembre 1942, en Sicile en juillet 1943 suivi de ceux dans la botte italienne en septembre 1943 ainsi que, pour les seuls Américains, différents débarquements dans des îles du Pacifique depuis 1942 ; le débarquement de Normandie a pu ainsi tirer parti des retours d’expérience de ces précédentes opérations amphibies et choisir les plages du Calvados et du sud-est du Cotentin, plus faciles d’accès. 

Le jour “J” initialement prévu le , a été décalé en raison des conditions météorologiques très défavorables. Les officiers alliés ont donc décidé de lancer l’opération le 6 juin malgré les conditions météorologiques toujours peu favorables. Ils n’ont pas changé de date une seconde fois de peur que des fuites de l’opération parviennent aux oreilles allemandes. 

La première commémoration du débarquement a lieu en 1945, à Arromanches, en présence de l’ambassadeur britannique Duff Cooper et de sa femme, Diana Cooper, et de soldats anglais. Depuis, chaque année, des commémorations ont lieu le 6 juin pour célébrer le débarquement et le début de la libération de l’Europe de l’Ouest. Jusque dans les années 1980, les commémorations du débarquement sont essentiellement militaires : les chefs d’État ne sont pas représentés. Leur mise en place après la guerre doit beaucoup à Raymond Triboulet, député du Calvados et plusieurs fois ministre des Anciens combattants.

Aucun président américain ne vient sur les plages normandes avant Ronald Reagan (excepté Jimmy Carter en 1978, mais qui s’est déplacé à titre privé). Ce phénomène commémoratif assez récent tient en particulier aux réticences du général de Gaulle à célébrer une opération militaire anglo-américaine, dont les Français avaient été en grande partie exclus. En 1964, le général de Gaulle refuse de participer au 20e anniversaire du Débarquement ; il délègue l’un de ses ministres qui déclare que le succès du D-Day était dû à la résistance française. Mais dans le contexte de guerre froide, afin de montrer aux Soviétiques que la Seconde Guerre mondiale n’avait pas uniquement été gagnée à l’est mais aussi à l’ouest, le bloc occidental décide de médiatiser davantage ce cérémonial.

Le tournant est dû à François Mitterrand qui, en 1984, transforme la cérémonie militaire d’alors en cérémonie politique où sont invités les chefs d’État. L’historien Olivier Wieviorka note ainsi : « dorénavant, les commémorations ne sont plus axées sur l’idée de victoire, mais sur l’idée de paix, de réconciliation et de construction européenne ». Cela va de pair avec une américanisation de l’évènement, qui se manifeste avec l’emprunt à l’anglais américain du terme « vétéran ». Après la chute de l’URSS, d’autres nations se joignent aux commémorations, comme en 2004 l’Allemagne (avec le chancelier Gerhard Schröder) et la Russie. Et nous devons garder à l’esprit que si les alliés n’avaient pas été là, rassemblées par le Général De Gaulle, nous les français nous parlerions tous allemand ! La paix s’est instauré, l’amitié unie nos pays, qu’il en soit toujours ainsi pour le repos des hommes tombés au combat ! Paola





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