Cameroun – Extradition Ambazonienne illégale





Le verdict est tombé vendredi dernier. La Haute cour fédérale d’Abuja a enjoint au gouvernement de tout mettre en œuvre, pour ramener sur le territoire nigérian la quarantaine de détenus extradés vers le Cameroun.
Il s’agit en fait de Sisiku Julius Ayuk Tabe, de 12 de ses ministres et de 35 autres sécessionnistes ambazoniens qui avaient été arrêtés début janvier pour avoir décrété la sécession de l’Ambazonie, ce territoire situé dans la partie anglophone du pays d’Afrique Centrale. Ils avaient ensuite été extradés vers le Cameroun. L’injonction s’accompagne d’une indemnisation réclamée à l’Etat nigérian pour somme de 5 millions de nairas soit un peu plus de 7 millions de Fcfa.

C’est donc une porte de sortie judiciaire après plus d’un an de détention. Pour le juge Anwuli qui présidait la séance, il a estimé que le Nigeria avait outrepassé ses pouvoirs en extradant vers le Cameroun, ces 47 détenus désignés à l’époque par leur pays comme des terroristes. il a également déclaré que l’arrestation et la détention des plaignant ainsi au leur extradition était illégale et anticonstitutionnelle par la justice nigériane qui n’en réclame pas moins que le renvoi des séparatistes devant des juridictions nigérianes.

Parmi ces douze extradés, Sisiku Julius Ayuk Tabe, président de l’autoproclamé République d’Ambazonie un territoire situé en zone anglophone dont il a déclaré unilatéralement la sécession le 1er octobre 2017, une date qui coïncide avec le rattachement en 1960 de ce territoire à cheval sur le Nigeria et le Cameroun, autrefois sous administration britannique. Le président autoproclamé et onze de ses ministres avaient ensuite fui vers le Nigeria pour échapper à la traque du régime de Paul Biya.

Tribunal Militaire Yaounde

C’est dans un hôtel du Nigéria que le 5 janvier 2018, Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses ministres ont été arrêté, alors qu’il se réunissaient en conseil. Fin janvier 2018, ils ont été extradés vers le Cameroun où ils ont été traduits devant le tribunal militaire de Yaoundé avec les chefs d’accusations suivants :
” Terrorisme, sécession, insurrection, hostilité contre la patrie, atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat “. Depuis, leur procès ouvert en décembre s’éternise devant cette cour martiale où ils risquent la peine de mort. Néanmoins je n’arrive pas à comprendre pourquoi des CIVILS sont jugés par un TRIBUNAL MILITAIRE ?

C’est dire que le verdict de la Haute cour d’Abuja sonne comme une porte de sortie pour les extradés. Dans son verdict, la justice nigériane estime qu’aucun accord d’extradition ne lie le Nigeria au Cameroun et que par conséquent le Nigéria ne pouvait pas extrader des personnes qui avaient acquis le statut de réfugiés.
Un argument auquel vont sans doute s’accrocher les équipes de défense de Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses co-détenus. Toute la question reste de savoir si le gouvernement nigérian va se plier à cette injonction de la cour ou comment il va convaincre son homologue camerounais de rapatrier ceux qu’il considère comme des terroristes ! Je dis bravo à La justice Nigérianne à fait son job avec équité, on ne peut en dire autant de la justice camerounaise ! Paola





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