Algérie – une marée humaine sur l’avenue Bourguiba à Alger

MANIFESTATION – Pour le 37e vendredi de mobilisation, les Algériens ont noirci les rues de la capitale, le 1er novembre, 65 ans après le début de la “Révolution algérienne”. Cette fois, pas de colonisateur à bouter hors du pays, mais un pouvoir “mafieux” à pousser dehors.
Nouvelle manifestation monstre, vendredi 1er novembre, à Alger. Pour le 37e vendredi de mobilisation du peuple algérien depuis février, la revendication était claire : une “nouvelle indépendance”. La corrélation entre la date et le slogan ne doit rien au hasard. C’est en effet le 1er novembre 1954 que le Front de libération national (FLN) avait engagé la “Révolution algérienne”, la lutte armée pour expulser le colonisateur français du sol algérien, au moyen d’une série d’attentats simultanés dans toute l’Algérie.

En cette date fériée, les manifestants, qui réclament la fin du système politique qui préside à la destinée du pays depuis l’indépendance, ont repris l’appel en scandant les slogans “l’Algérie veut son indépendance”, “le peuple veut son indépendance”. Le “hirak”, qui désigne ces manifestations, a déjà obtenu le départ de son président Abdelaziz Bouteflika et continue, depuis, de battre le pavé contre la prochaine élection présidentielle, prévue le 12 décembre prochain. Pour la plupart, ce scrutin n’aurait d’autre finalité que de régénérer ce “système” honni.

Le mouvement a réuni une foule difficile à quantifier, mais comparable aux plus fortes affluences du hirak, et ce sans débordement. Une réponse aux interventions médiatiques des principaux représentants du pouvoir, qui ont tendance à minimiser leur nombre. Et notamment le nouvel homme fort de l’Algérie, le général Ahmed Gaïd Salah, qui estime que le prochain scrutin suscitait “l’adhésion totale” des citoyens. “Dégage Gaïd Salah, il n’y aura pas de vote cette année”, a répondu la rue dans la journée. 

“Les aînés ont combattu la France, nous on combat le système mafieux qui a confisqué notre indépendance”, a affirmé à l’AFP M’hand, un retraité de 63 ans venu spécialement pour la manifestation. “On a mis la France dehors en 1962, mais on n’a pas profité de la liberté avec ce régime qui n’a pas changé depuis. On veut une Algérie nouvelle”, soutenait, pour sa part, toujours auprès de l’agence, Hocine, la vingtaine. Des témoignages à l’unisson des slogans entendus toute la journée.(source LCI)

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