Guinée – Alpha Condé candidat à un troisième mandat

Le président guinéen Alpha Condé sera candidat à un troisième mandat.
Le président guinéen Alpha Condé sera candidat à un troisième mandat. MICHAEL TEWELDE / AFP

Bonjour à toutes & tous, ce matin je vais commencer la journée par une nouvelle qui nous vient du journal Le Figaro et qui n’est pas vraiment une surprise.
Le président guinéen Alpha Condé, 82 ans, sera candidat à un troisième mandat lors du scrutin prévu le 18 octobre, a indiqué son parti dans un communiqué lu lundi à la télévision nationale.
«Le président Alpha Condé sera bien notre candidat à l’élection présidentielle», a indiqué dans ce communiqué son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), qui l’avait «sollicité» début août. La perspective d’une nouvelle candidature d’Alpha Condé a soulevé depuis près d’un an une vague de protestation, plusieurs fois réprimée, qui a fait des dizaines de morts parmi les manifestants.(source Le Figaro)

Il y a 3 semaines

Il est évident que les opposants manifestent, alors que les forces de l’ordre tentent d’endiguer le défilé de manifestants avec des protestations dénonçant la corruption du dirigeant guinéen. Octobre est encore loin et la situation n’est pas prête de s’arranger. Je rappelle pour info qu’Alpha Condé est président de la République guinéenne depuis le 21 décembre 2010. En 1977 il fonde le Mouvement National Démocratique (MND) qui devient par la suite Unité, Justice, Patrie(UJP), puis le Rassemblement des Patriotes Guinéens (RPG), et le Rassemblement du Peuple de Guinée et pour finir le RPG-Arc en ciel. Il s’est présenté aux élections en 1993 & 1998 sans succès.
Néanmoins, il remporte l’élection présidentielle de 2010, obtenant 52,5 % des suffrages exprimés au second tour face a Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée. Il est élu pour un second mandat en 2015 avec 57,9 % des voix au premier tour. Alpha Condé a été missionné en tant que consultant dans le règlement de conflits politiques auprès de plusieurs chefs d’État d’Afrique, notamment en Gambie, Côte d’Ivoire, Togo et Guinée Bissau.

Alpha Condé commence sa carrière en tant qu’enseignant, chargé de cours à la faculté de droit et sciences économiques de Paris-I.
Il dit avoir été victime d’une agression raciste le 28 mai 1970 à Paris. Il déclare avoir reçu des coups de crosse et des coups de mousquetons, en même temps que des injures comme « sale nègre ». Outre des hématomes, une plaie à la hanche et une autre au tibia, il aurait souffert d’une double fracture du nez et d’une fêlure du palais. Malgré ces insultes racistes mais Alpha Condé rentre en Guinée, à la suite de l’ouverture démocratique des années 1990. C’est en 1993 qu’il se présente pour la première fois aux élections présidentielles après 30 ans de régime autoritaire, élections qu’il perd malgré que son parti dénonce les fraudes de l’opposition. Il demande à ses partisans de se consacrer aux élections de 1998 afin d’éviter les effusions de sang. Aux élections présidentielles suivantes, en décembre 1998, Alpha Condé se présente de nouveau mais il est arrêté et emprisonné, à la suite d’une tentative d’évasion, avant la fin du scrutin.

Les résultats officiels publiés par le gouvernement déclarent Lansana Conté vainqueur du premier tour avec 56,1 % suivi de Mamadou Note Ba qui obtient  (24,6 %). Le 16 décembre, deux jours après le scrutin, nombreux dirigeants de l’opposition sont arrêtés pour préparation présumée d’une rébellion contre la dictature en place. Les mois suivants, des exactions vont être commises par des forces militaires sur les sympathisants de l’opposition.

Alpha Condé est maintenu en prison pendant plus de vingt mois avant que le gouvernement ne constitue une cour spéciale pour le juger. Cette incarcération sans procès soulève un fort mouvement de protestation international. Amnesty International dénonce une violation des droits de l’homme et le Conseil de l’Union interparlementaire une violation de l’immunité parlementaire dont Alpha Condé bénéficie en tant que député guinéen. De nombreuses voix s’élèvent tout au long de son emprisonnement pour demander sa libération immédiate. Parmi lesquelles celles d’Albert Bourgi, qui organisent un important mouvement de soutien “le comité de libération à Alpha Condé”, ou de Rouen Jah Fakoly, auteur de “Libérez Alpha Condé” adressé au général Lansana Conté, et que la jeunesse transforme en hymne à la gloire des martyrs et prisonniers politiques africains. Condé reçoit également le soutien de chefs de diplomatie étrangers, à l’instar de Madeleine Albright (États-Unis) qui se déplace à Conakry même. En France, le Président Jacques Chirac s’implique personnellement. Sa mobilisation vient renforcer les multiples requêtes d’autres chefs d’État en demandant officiellement la relâche rapide d’Alpha Condé.

https://s.rfi.fr/media/display/2e381a8a-30d3-11ea-a33c-005056bf87d6/w:1280/p:16x9/000_1ni1p8_0.webp

Condé est condamné, en 2000 à cinq ans de prison pour “atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national” au terme d’un procès retentissant décrié dans la presse africaine et internationale. Il est finalement libéré en 2001, faisant l’objet d’une grâce présidentielle.
L’ affaire pha Condé donne lieu à un procès retentissant et marque un tournant politique important pour la Guinée.
Alpha Condé est libéré le 18 mai 2001, date à laquelle il fait l’objet d’une grâce présidentielle, 28 mois après son arrestation et huit mois après son procès organisé par la « Cour de sûreté de l’État guinéen », qui est spécialement constituée à cet effet.
Ce procès de cinq mois qui débute le 12 avril 2000, après plusieurs reports, le condamne tout d’abord à cinq ans de réclusion criminelle pour « atteinte à la sûreté de l’État guinéen » et « emploi illégal de la force armée », le lundi 11 septembre 2000.

À partir de la mort de Lansana Conté et de la prise du pouvoir par la junte militaire de Moussa Dadis Camara, en 2008, Alpha Condé appelle au retour d’un pouvoir civil et à la tenue d’élections transparentes. Il le fait au sein des Forces vives, constituées de l’opposition, des syndicats et des autres acteurs de la société civile. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde en janvier 2010, il déclare que les massacres du 28 septembre 2009 austade de Conakry mettent en évidence la nécessité d’une rupture complète avec le passé.
En février 2010, il annonce la candidature de son parti au scrutin présidentiel de juin. Alpha Condé arrive en deuxième position du premier tour, avec 18,25 % des voix, se qualifiant ainsi pour le second tour. Le 15 novembre 2010, il est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avec 52,52 % des voix, face à l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo. La Cour suprême valide l’élection le 3 décembre suivant et Cellou Dalein Diallo reconnaît sa défaite.
L’histoire va t’elle se répéter, malgré les manifestations contre son troisième mandat, sera t’il à nouveau élu ? Dans la vidéo que j’ai mise en haut de cet article un Monsieur explique très bien la situation !
Mais quel rôle jouera encore la France dans cette affaire ?? Dieu seul le sait….
Très bonne journée à vous et aux vôtres ! Paola

Ce contenu a été publié dans Afrique, Les Mots de Paula, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire