Cameroun – Hommage à Caro

Caroluise Enondiale avait 4 ans. Jeudi 14 octobre, elle a été tuée alors qu’elle se rendait à l’école en voiture à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest, au Cameroun. Le gendarme qui a tiré sur elle a été lynché à mort. Un drame qui fait craindre une nouvelle poussée de violences dans cette région anglophone plongée dans la guerre civile depuis 2016.
Toute la journée, le corps de cette petite fille a été porté par la foule à travers la ville de Buea, comme un malheureux trophée.
Aussi j’ai voulu aujourd’hui lui rendre hommage, parce que finalement nous sommes toutes & tous responsables de ce qui se passe en notre pays.

Caro nous t’avons tué à plusieurs fois, nous t’avons exhiber comme un trophée devant le gouverneur oui, Caro nous tes parents t’avons empêché d’aller à l’école ce 17 octobre, nous en avions besoin car ça faisait longtemps que quelque chose d’assez dramatique n’était pas arrivé. Non pas que les crimes ne continuaient plus au NO/SO, mais à une telle vitesse dans les Réseaux Sociaux nous avons réglé nos comptes à travers ton départ, la preuve nous avons tué immédiatement celui qui pouvait expliquer le motif pour lequel il avait ouvert le feu sur toi.
Caro je ne sais pas si tu nous lis, mais nous sommes des parents criminels tous et toutes en commençant par ta mère qui s’est amusée avec l’enfant que tu étais devant des armes portées par tes parents gendarmes, pour assurer justement ta sécurité de passer en ces zones là pour aller à l’école, une école que nous tes parents de ce côté du NO/SO refusons qu’elle continue ceci à travers nos actes maléfiques dans les forêts de là bas, à travers des engins explosifs improvisés, Caro nous t’avons tous assassiné, sinon maman aurait dû s’arrêter sachant qu’elle te transportait…

Pardon et encore pardon d’avoir été de mauvais parents, tous sans exception, nous avons été incapables d’assurer ton avenir tellement nous avons perdu la boule.
Tiens nous faisons du buzz avec ton départ, tellement la honte nous l’avons perdue, nous avons un goût fou à assassiner les enfants et l’école.
D’ailleurs ce n’était pas la première fois que notre cible soit un enfant..
Alors je me dis, quand donc tout cela va s’arrêter, quand donc nos enfants vont être en sécurité, quand pourra t’on vivre tranquillement sans craindre de se faire assassiner à chaque coin de rue parce que nous avons un faciès qui pourrait ressembler à un terroriste !!!
Mais une enfant, presque un bébé encore, elle ne demandait qu’à vivre entouré d’amour.
Caro mon enfant, pardon mille fois pour notre folie qui dépasse souvent notre entendement.
Je ne vous souhaite pas la bonne journée, parce que depuis que cette enfant est décédée nos journées ne peuvent pas être bonne tant qu’existera ce genre de drame !!
Je vous demanderais simplement de faire circuler cette bougie en sa mémoire.
Kap. 👇🏾
Les images posées sur cet article ne sont pas ma propriété ni celles du site.

A propos Kap

Kap, écrivain, artiste, chanteur, surprend par ses textes satiriques mais toujours très engagés ! Auteur de deux titres à succès, "Girouette Président & Foutez le camp" très repris en Europe sont contre le régime politique en place au Cameroun. Vous pouvez trouver ces singles sur Youtube. Quand à son livre "l'Africain", qui est un tant soit peu autobiographique retrace quelques morceaux de vie de l'africain qu'il est ! Son ouvrage est publié par UniBook et pour le commander et l'acheter, rendez-vous sur Unibook.com
Ce contenu a été publié dans Article Kap, Cameroun, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire