Au Nigéria, procès contre la corruption





Cinq procès contre la corruption contre des militaires, juges, anciens ministres et autres personnalités ont été mené par le gouvernement du Président Muhammamadu Buhari mais sans grande conviction ! 

Lors de son élection, en 2015, le président nigérian, Muhammadu Buhari, avait annoncé une guerre contre la corruption dans son pays. Le voilà arrivé à la moitié de son mandat présidentiel, et de nombreuses personnalités de haut rang se sont retrouvées au cœur d’enquêtes judiciaires très médiatisées. Soupçonnées de corruption par le gouvernement actuel, traquées par les multiples agences anti-corruption, ces notables qui ont marqué les années de la présidence de Goodluck Jonathan (2010-2015) doivent désormais rendre des comptes à la justice.

Mais les Nigérians doutent, tant ces procès s’éternisent parfois dans des ajournements sans fin. La guerre « sans pitié » et « acharnée » que le président Buhari avait promise se révèle sur le terrain en « combat sans conviction » pour la population, dans un bilan amer en début d’année. Lorsqu’on interroge le gouvernement nigérian sur ses résultats en matière de lutte contre la corruption, il mentionne évasivement 200 condamnations prononcées en 2016, sans aller dans les détails, le tout, paralysée par une bureaucratie peu transparente. Seuls les cas les plus médiatisés donnent un aperçu des avancées.

Arrêté le 1er décembre 2015, l’ancien colonel de l’armée nigériane Sambo Dasuki, 62 ans, quand à lui est soupçonné d’avoir détourné plus de 2 milliards de dollars, destinés en théorie à financer la lutte contre Boko Haram. Il aurait falsifié des commandes de matériels militaires. Du fait des sommes colossales qu’il engage, le dossier de ce militaire retraité et ex-conseiller à la sécurité nationale sous Goodluck Jonathan est devenu le cas le plus emblématique de la lutte contre la corruption.

L’argent détourné aurait servi à financer la dernière campagne électorale de l’ancien président Jonathan alors que le pays subissait les actes terroristes menés par le groupe djihadiste Boko Haram. L’enquête porte sur des contrats conclus entre 2007 et 2015. Sur 513 contrats étudiés par l’Economic and Financial Crimes Commission (EFCC – « Commission des crimes économiques et financiers »), 53 se sont révélés « frauduleux » et Sambo Dasuki aurait « conclu des contrats fictifs » pour 2,1 milliards de dollars. Ces derniers « n’ont pas été exécutés, les équipements ne sont jamais parvenus à l’armée de l’air nigériane et ne figurent pas à son inventaire », explique l’EFCC.

Depuis son arrestation il y a plus d’un an le colonel retraité est maintenu en détention, malgré une ordonnance de libération du tribunal de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en octobre 2016. Mais les ordres sont ignorés par le gouvernement nigérian, qui souhaite que le militaire reste en détention « pour des raisons de sécurité ». Sambo Dasuki se dit « prêt pour un procès sur toutes ces allégations », afin de prouver aux Nigérians qu’il n’a « rien fait d’inapproprié ». Il se défend en invoquant le caractère secret de certains contrats.

Sa dernière audience, le 24 janvier, a été ajournée sans résultat aucun. Les audiences doivent reprendre le 16 mars 2017. Officiellement pour des raisons de sécurité, il est question que les témoins soient désormais protégés et le procès tenu « secret » à l’avenir. Les révélations potentielles au cours de ce procès pourraient mettre en avant bon nombre de personnes politiquement exposées.  Une affaire à suivre dont nous vous tiendrons au courant en mars à moins qu’encore une fois le procès soit ajourné !! Paula




A propos Paola

Mon pseudo "Kaki Sainte Anne" Ecrivaine, mais je suis Béatrice Vasseur et je signe tous mes articles ici sous le nom de "Paola"
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