Centrafrique – Une guerre se prépare







Depuis le 1er mai, rien ne va plus à Bangui, la capitale centrafricaine. La population a peur et se défend comme elle peut, sans pouvoir compter sur les forces de sécurité locales et l’Onu. Les funérailles de l’abbé Albert Toungoumalé-Baba. Le prêtre a été tué dans son église alors qu’il tentait de parlementer

Une portière rouillée et des palettes cassées font office de barrage. C’est l’une des vingt-six barricades qui jalonnent le quartier Lakouanga, dans le deuxième arrondissement de Bangui. Protégés derrière ce barrage de fortune, cinq jeunes de 18 à 27 ans tiennent la position. L’un porte un vieux fusil, un autre une machette.

« Une guerre se prépare »

Romano, le « commandant », a 26 ans. « J’ai un diplôme d’urbaniste, dit-il fièrement, c’est pour ça que les grands du quartier m’ont choisi. » Ces jeunes désoeuvrés se sont laissés embrigader et tous les soirs, depuis deux semaines, ils dressent des barricades à la tombée de la nuit. « On contrôle toutes les têtes inconnues, on fait ça pour protéger nos familles »,dit-il.

Depuis le 1er mai dernier et la tragédie de l’église de Fatima prise sous le feu d’hommes armés venus du quartier musulman du PK5, les tensions sont à leur comble entre les communautés de la capitale. Les affrontements d’alors ont fait une centaine de blessés mais surtout une trentaine de tués. Dont l’abbé Albert Toungoumalé-Baba, une importante figure de Bangui.

Les nuits suivantes, les barricades ont été dressées une à une dans les quartiers du nord de la capitale que les Casques bleus de la Minusca peinent à pacifier et contrôler. Depuis, chaque jour, des tirs retentissent. Et la psychose s’est installée à Bangui.

Entre 5 000 et 8 000 habitants auraient fui le quartier. Salim préfère rester dans son bureau « parce qu’on se fait racketter et frapper au barrage » à l’entrée du quartier. Hippolyte, aide soignant, dort chez sa tante dans le centre-ville : « Je termine tard le travail, j’ai peur de rentrer chez moi la nuit. » Moussa, jeune instituteur, a fui le pays, en direction du Cameroun, « parce que ça ressemble à 2013 » et qu’il attend un nouveau déferlement de rebelles déjà rassemblés à Kaga-Bandoro, à 330 km au nord de la capitale.  « Pas de photos ! », répète le chef du quartier. « On ne veut pas dévoiler notre stratégie. Une guerre se prépare », assène-t-il. (Source OuestFrance)





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