Cameroun – Une histoire que peu de gens connaisse

Bonjour à toutes & tous, aujourd’hui, je vais commencer par une histoire vraie que peu de gens connaisse et qui m’a été transmise par un ami, mais j’ai pensé que tout le monde devait connaître la personne qui sera nommée dans le récit !
Au Cameroun, tout le monde connaît l’hôpital Laquitinie, mais très peu de gens connaisse pourquoi ce nom lui a été attribué. Voici l’histoire…..

Mais qui était Laquintinie ?
Au début des années 30 l’hôpital Laquintinie ne portait pas encore ce nom, situé dans le quartier Akwa, il est fondé en 1931, soumis au régime de l’indigénat de l’administration française, c’était l’hôpital que l’on nommait “hôpital indigène” de la ville, réservé aux noirs.
A contrario, l’hôpital général de Douala, qui a été construit en 1896 sur l’initiative du médecin allemand le Dr Albert Plehn, est nommé ” hôpital Nachtigal “, il était réservé aux blancs et formellement interdit aux noirs.

Qui était Jean Laquintinie ?
Né en 1909 à Orléans, il était un médecin militaire, officier du corps de santé des troupes coloniales françaises, compagnon de la Libération au titre de son action dans la France libre.
En 1929 il entre à l’École du Service de santé militaire de Lyon pour y faire ses études de médecine et en 1934 il rejoint l’École d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille.
En février 1936, il part pour le Cameroun comme médecin lieutenant en équipe mobile où il est affecté près de Yaoundé jusqu’en 1938 puis il retourne en France pour terminer sa formation chirurgicale.
Au début de la guerre en 1939, Jean Laquintinie sert dans l’armée des Alpes, puis en janvier 1940 il repart pour le Cameroun où il est affecté comme médecin chef à l’hôpital indigène de Douala, accompagné dans son équipe par les premiers soignants indigènes qui sont formés à l’Ecole des aides de santé d’Ayos, près de Yaoundé, créée en 1932 par le docteur Eugène Jamot. Le médecin dévoué à sa tâche, soignent ses malades avec le peu de moyens qui lui sont donnés..
A l’Appel du 18 juin 1940 du Général De Gaulle, il fait partie du ralliement du Cameroun à la France Libre. Il est alors affecté au 1er Régiment des tirailleurs du Cameroun (1er RTC) et prend part à la campagne du Gabon jusqu’en novembre 1940. Considéré comme un colonial chevronné par son expérience et sa pratique professionnelle acquise sur le terrain, le Commandant Leclerc, nommé commissaire général du Cameroun à cette époque, le désigne comme médecin-chef de la célèbre colonne qui va entrer dans l’Histoire par les pistes africaines.
Le 15 février 1941, le médecin-capitaine Laquintinie rejoint donc la «colonne» déjà en marche vers le nord depuis dix jours. Il écrit alors à sa femme une lettre, probablement ramenée par un camion qui assure une liaison vers l’arrière…
«J’ai monté une ambulance chirurgicale à Largeau, une oasis qui se trouve à 1000 kilomètres environ au nord de Fort-Lamy… En tout cas ne t’inquiète pas… Au début, l’adaptation a été un peu dure en raison de la sécheresse formidable de ce pays. Le nez saignait et j’avais les lèvres toutes gercées, ainsi qu’une oppression formidable…
PS. Aux dernières nouvelles, il serait possible qu’on continue à monter vers l’Egypte… Il est probable que… mon retour soit assez éloigné. »
Le 18 février, c’est le premier engagement contre la compagnie saharienne italienne qui couvre les abords de Koufra. Laquintinie soigne, opère, réconforte ceux qui souffrent. Pendant les dix jours du siège, le docteur demeure sans faiblir à la tâche.
Pourtant le paludisme dont il souffre et qu’il a toujours traité par le mépris, en bon colonial, l’a repris.
De plus, en opérant dans des conditions précaires, il se blesse à la main. La fièvre, d’abord sournoise, le tourmente, dans cette chaleur accablante, inhumaine, qui écrase les combattants, les blessés, les malades.
Malgré son état qui empire, il refuse de se laisser évacuer, pour ne pas abandonner ses blessés.
Mais une fois la défaite des italiens acquise, Laquintinie accepte maintenant d’être ramené au Cameroun.
Trois jours plus tard, le 4 mars, il est de retour à Yaoundé. Hélas il ne peut être sauver, il est trop tard, la fièvre qui terrasse le chirurgien n’est pas due au seul paludisme, mais à la septicémie qu’il a contractée en opérant. Il meurt le lendemain de son hospitalisation.
Il a été inhumé à Châteauneuf-sur-Charente en France, il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume, Chevalier de la Légion d’Honneur et Croix de Guerre 39/45 avec palme.

Après la guerre, l’hôpital indigène de Douala est alors rebaptisé hôpital Laquintinie en hommage à son dévoué médecin chef Jean Laquintinie.
(Source les compagnons de la libération du Loiret)
Voilà chers(es) amis(es) l’histoire de Laquintinie, homme intègre qui ne faisait pas de différence entre les êtres humains, il n’aurait surement pas laissé mourir Monique devant l’hôpital et tout le monde devrait prendre en compte de ce qu’est l’intégrité.
Je pense aussi repasser cette histoire mercredi dans l’après-midi, sachant que Facebook a encore bloqué les partage de mon compte Béa sur les groupes dont je suis administrateur et ce pour la unième fois ! Faut croire que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire tout au moins pour certains(es) !
Sur ce je vous souhaite à toutes & tous une très bonne journée de lundi ainsi qu’un bon début de semaine à vous & aux vôtres. Prenez soin de vous.
Paola

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